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Le Journal de l'île Rouge
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Eric Michel Wouli Soumah Idrissa : le retour d’un passé sombre au Ministère de la Sécurité publique

La gazette de la grande île
25/10/20252 minute read
Le retour d’Eric Michel Wouli Soumah Idrissa n’annonce donc pas une nouvelle ère de sécurité publique, mais bien un retour en arrière. C’est le recyclage d’un système qui, faute de renouvellement réel, s’entête à reproduire les mêmes erreurs.

On parle de renouveau, de refondation, de rupture avec les vieilles pratiques. Mais comment peut-on prétendre faire du neuf avec du vieux ? Comment croire à un changement véritable lorsqu’on ressort des figures déjà éprouvées, déjà usées par les mêmes erreurs et les mêmes échecs ?

Eric Michel Wouli Soumah Idrissa, pressenti pour redevenir Ministre de la Sécurité publique, symbolise précisément cette contradiction. Ce n’est pas un nouveau visage de la scène politique : il a déjà occupé ce poste en 2018, sous le régime Hery Rajaonarimampianina. Et son passage fut tout sauf marquant. À peine six mois après sa nomination, il avait été limogé — conséquence d’une gestion jugée inefficace, dans un contexte où la Police nationale s’enfonçait dans les scandales de corruption et d’abus.

Peut-on parler de lutte contre la corruption avec ceux qui ont échoué à la mener ?
La question mérite d’être posée. Comment espérer un sursaut moral et institutionnel lorsque les mêmes acteurs, responsables d’un passé de dérives et de laxisme, sont rappelés aux commandes ? C’est un message clair que renvoie le régime actuel : celui de la continuité, pas du changement.

Le retour d’Eric Michel Wouli Soumah Idrissa n’annonce donc pas une nouvelle ère de sécurité publique, mais bien un retour en arrière. C’est le recyclage d’un système qui, faute de renouvellement réel, s’entête à reproduire les mêmes erreurs.

Pendant que la population réclame justice, transparence et sécurité, on lui propose les mêmes recettes du passé. Or, la refondation ne se décrète pas : elle s’incarne. Et tant que les dirigeants continueront de piocher dans les archives pour composer le présent, Madagascar restera prisonnière de son passé.

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