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Le Journal de l'île Rouge
Politique

“Refondation ou illusion ? 

La gazette de la grande île
08/04/20263 minute read

Le silence après le rapport accablant de la Cour des comptes : des milliards disparus, et personne n’est tenu responsable”

la justice est elle absente : et après ?”

Dans les discours du Président de la refondation, une ligne constante se dégage : l’amélioration du quotidien des Malagasy, une critique du passé politique, et la promesse d’une meilleure gouvernance de la chose publique.  au service du peuple, et non des élites.

Mais sur la question de la gouvernance, les faits interpellent. Le 19 mars 2026, la Cour des comptes de Madagascar a rendu public un rapport accablant:  des milliers de milliards d’ariary envolés, des secteurs entiers gangrenés par des pratiques opaques,   et une gouvernance marquée par des défaillances graves, parfois systémiques.

Elle ne parle pas seulement d’erreurs techniques, mais de dérives profondes :

  • manque de transparence chronique,
  • politisation de la gestion,
  • existence de systèmes parallèles hors cadre légal.

Les faits sont là. Ils sont documentés. Ils sont officiels.Et pourtant, une question fondamentale demeure : et après ?

Aujourd’hui, le silence est assourdissant. Où en sont les poursuites? Quelles enquêtes ont été ouvertes?  Quelles responsabilités ont été établies? La majorité des Malagasy n’en sait rien.


Et c’est là que réside le véritable problème.

Dans une logique de refondation, fondée sur une rupture avec les pratiques du passé, un rapport de cette ampleur ne peut rester sans suite.  Il doit déclencher un processus clair : investigations, responsabilités, sanctions si nécessaire.

Sinon, il ne devient qu’un document de plus.  Un constat sans conséquence. Une vérité sans justice.

Les noms des principaux responsables publics de cette période sont connu: l’ancien Premier ministre Christian Ntsay, les responsables des finances publiques de l’époque, ainsi que l’ancien Président de la République Andry Rajoelina. Il ne s’agit pas de juger à la place des institutions. Mais il est légitime et nécessaire,  d’exiger une chose simple : la clarté.

La justice doit dire, publiquement :

  • s’il y a eu faute ou non,
  • s’il y a eu détournement ou non,
  • s’il y a eu responsabilité politique ou non.

Car l’absence de réponse nourrit une conviction dangereuse:   celle que les règles ne s’appliquent pas à tous.

Et dans un pays fragilisé par la pauvreté et le manque de confiance, cette perception est un poison lent.

Ce que révèle ce rapport dépasse les chiffres. Il touche au contrat moral entre l’État et les citoyens.  Quand des ressources disparaissent sans explication, 

  1. ce ne sont pas seulement des milliards qui s’évaporent, 
  2. ce sont des écoles non construites, des hôpitaux non équipés, des opportunités perdues pour toute une génération.

Aujourd’hui, la majorité des Malagasy est fatiguée des discours. Elle ne demande pas des promesses. Elle demande des actes.

Le rapport de la Cour des comptes a ouvert une porte. Sans suite judiciaire claire, cette porte risque de se refermer dans l’indifférence.  Et avec elle, une nouvelle occasion manquée de reconstruire la confiance.

La transparence ne doit pas être un moment. Elle doit devenir une exigence permanente.

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