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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Fédération Malgache de Golf : L’envers du décor du « Règne » Ravatomanga

La gazette de la grande île
10/04/20264 minute read
L'anecdote circule d'ailleurs avec insistance : sur le parcours, son manque de connaissance est tel qu'il lui arrive de confondre une balle de ping-pong avec une balle de golf

Par l’équipe de rédaction

Depuis l’accession de Maminiaina Ravatomanga à la présidence de la Fédération Malgache de Golf en février 2025, les greens de la Grande Île ne sont plus seulement le théâtre de compétitions sportives, mais celui d’un malaise croissant. Derrière l’étiquette de « gentleman driver », se dessine un système complexe où se mêlent soupçons de corruption, passe-droits colossaux et un manque de légitimité technique qui fait sourire — jaune — les puristes du sport.

Un patrimoine bâti sur « échanges de services » ?

Le dossier le plus brûlant concerne les infrastructures physiques liées au président de la Fédération. Selon des informations convergentes, l’ensemble des chantiers de Mamy Ravatomanga aurait été réalisé par le géant du BTP Colas et équipé par Sanifer. Jusque-là, rien d’illégal. Le problème réside dans l’absence totale de traçabilité financière.

L’enquête suggère qu’il n’existe aucune trace de paiement pour ces travaux colossaux, que ce soit au niveau des services fiscaux ou des comptes bancaires standards. Le mécanisme dénoncé est celui d’un échange de services déguisé :

  • La prestation : Colas construit, Sanifer équipe les propriétés privées du président.
  • Le « renvoi d’ascenseur » : En sa qualité d’homme de l’ombre de la Présidence, Ravatomanga garantirait à ces entreprises l’obtention systématique des appels d’offres publics (Téléphérique, routes, marchés ministériels).

Cette mainmise sur l’attribution des marchés publics soulève une question fiscale majeure. Un appel est désormais lancé aux services des impôts pour vérifier la facturation réelle de ces chantiers privés sur l’ensemble de ses propriétés.

L’ombre du Golf d’Ivohitra et les liaisons dangereuses

Cette opacité financière s’inscrit dans la continuité de l’acquisition controversée du Golf d’Ivohitra à Antsirabe. Le comité exécutif de la Fédération est aujourd’hui pointé du doigt pour ses liens avec des personnalités au passif lourd. Entre un trésorier, Léon Richard Ravelomantsoa, facilitateur des transactions foncières, et des alliés politiques (comme l’ancien gouverneur ou les frères Ramiliarison) aujourd’hui sous les verrous pour des affaires allant de la corruption aux crimes de sang, l’image de l’institution est plus que ternie.

Un Président « hors-jeu » sur le terrain

Au-delà des scandales financiers, c’est la légitimité même de Mamy Ravatomanga en tant que golfeur qui fait l’objet de railleries dans les clubs-house. Si l’homme d’affaires a pris le contrôle de la Fédération, il semble avoir oublié d’apprendre les bases du sport.

Des témoignages de joueurs réguliers décrivent un pratiquant au niveau « nul », peinant à assimiler les fondamentaux. L’anecdote circule d’ailleurs avec insistance : sur le parcours, son manque de connaissance est tel qu’il lui arrive de confondre une balle de ping-pong avec une balle de golf. Pour beaucoup, sa présidence n’est pas une affaire de passion pour le swing, mais un outil de réseautage et de contrôle social supplémentaire.

L’heure des comptes ?

Entre les soupçons de corruption systémique avec Colas et Sanifer, les acquisitions de terrains par la force et une réputation sportive inexistante, le « système Ravatomanga » au sein du golf malgache semble n’avoir jamais été aussi exposé. L’opinion publique et les autorités fiscales attendent désormais des éclaircissements sur ce qui ressemble, point par point, à une vaste stratégie d’influence au détriment des règles de transparence les plus élémentaires.

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