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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Refondation : la tentation du mépris ou le savoir écouter

La gazette de la grande île
10/04/20262 minute read

Si, à chaque fois que des Malagasy, des jeunes expriment leur mécontentement face à la conduite de la refondation, la réponse est presque devenue un réflexe :
ils seraient en quête de postes ministériels qu’ils ne méritent pas, ou manipulés par des forces politiques cherchant à déstabiliser le pouvoir.

Ce discours est non seulement réducteur. Il est dangereux. Dangereux, parce qu’il nie une réalité fondamentale : dans toute période de transition, la contestation n’est pas une anomalie. Elle est un signal. Un indicateur. Parfois même un garde-fou.

Réduire une mobilisation à une ambition opportuniste, c’est refuser de voir ce qu’elle révèle : une frustration profonde, un sentiment d’exclusion, et surtout une attente immense face à une promesse de “refondation” qui, pour beaucoup, reste encore abstraite.

Oui, il peut exister des manipulations.
Mais en faire une explication automatique, c’est surtout une manière de ne pas se remettre en question.

Une transition qui se respecte n’a pas peur de la critique. Elle l’affronte. Elle l’organise. Elle en tire des corrections. Sinon, elle ne refonde rien.
Elle protège un système — avec d’autres visages.

Car même lorsqu’une contestation est imparfaite, elle peut porter une vérité.

Et dans cette période de refondation que le pays traverse, la légitimité ne repose pas encore sur des résultats consolidés.
Elle repose sur une chose plus fragile, mais plus essentielle : la capacité à écouter, à inclure, à corriger.

Il est temps d’ouvrir des mécanismes transparents de conduite de cette refondation vers la nouvelle République, et surtout de reconnaître que la critique n’est pas une menace, mais une ressource. Car une refondation qui ne tolère pas la contestation finit toujours par reproduire ce qu’elle prétend remplacer.

Et c’est la crédibilité même de la refondation qui est en jeu. Une refondation qui n’écoute pas finit toujours par perdre sa légitimité.

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