À Toliara, le Président de la Refondation de republique de Madagascar a voulu montrer que la coopération avec « Bravura Holdings » pourrait créer une véritable rupture positive.
Présentée comme une avancée stratégique, cette coopération met en avant des technologies de pointe, des données précises et une meilleure connaissance de nos ressources minières. Les communications officielles suscitent ainsi beaucoup d’espoir.
Mais derrière cette mise en scène, une réalité s’impose : C’est tout le sous-sol malgache qui est en jeu. C’est l’avenir économique du pays qui est engagé.
Et pourtant :
- aucune transparence totale sur les accords
- aucune garantie claire pour la majorité des Malagasy
Au-delà des annonces, Madagascar va donc “révéler” sa richesse. Or, partout dans le monde, l’histoire est la même : cette phase de révélation profite d’abord aux acteurs externes et crée des tensions internes durables.
Voici la réalité au niveau mondial : dans les pays où
- la gouvernance est faible
- les institutions sont fragiles
- les décisions se prennent dans l’opacité
les partenariats miniers ne sont pas des opportunités. Ce sont des mécanismes de captation.
Le schéma est toujours le même :
- on cartographie les richesses
- on identifie les zones stratégiques
- puis, dans l’ombre, les décisions se prennent… sans le peuple
Et à la fin :
- les ressources partent
- les contrats restent opaques
- et la population ne voit rien
Madagascar n’est pas un cas isolé. On a vu les trafic s d’or, voyez ce qui se passe en RDC.
Aujoud’hui , dans le cadre de la Refondation, les autorités publiques ont une responsabilité : ne plus répéter les mêmes erreurs.
Avec cet accord de partenariat, les questions sont simples — et elles dérangent :
1. Qui contrôle réellement les données du sous-sol malgache ?
2. Qui a la capacité de les interpréter ?
3. Qui décidera demain de leur exploitation ?
4. Et surtout : qui va réellement s’enrichir ?
Sans réponses claires, il ne s’agit pas d’un partenariat. Il s’agit d’un risque majeur de dépossession.
Car celui qui contrôle la connaissance du sous-sol contrôle la richesse d’un pays. Et si cette connaissance échappe à l’État Malagasy, si elle est captée, filtrée ou orientée, alors Madagascar ne sera plus maître de son destin.
Soyons lucides.
Dans un contexte marqué par des soupçons persistants de corruption, des pratiques opaques et une gestion contestée des ressources publiques, demander à la majorité des Malagasy de faire confiance sans preuve, par un simple discours du President de la Refondation, n’est pas seulement irresponsable. C’est inacceptable.
Nous ne pouvons pas continuer à célébrer des annonces pendant que, dans le silence, les décisions essentielles nous échappent.
Nous ne pouvons pas continuer à subir un système où quelques-uns décident… et où la majorité paie le prix.
Car ce n’est pas un problème technique. C’est un problème de pouvoir. C’est un problème de gouvernance. C’est un problème de souveraineté.
Et il est temps de le dire clairement : les richesses de Madagascar ne sont pas à négocier dans l’ombre.
Nous exigeons :
1. la publication immédiate et intégrale des accords
2. la propriété exclusive et incontestable des données par l’État malgache
3. un audit indépendant des opérations en cours
et 4. l’interdiction de tout avantage caché ou accès privilégié aux permis
Sans cela : ce sera une faute politique majeure pour un régime de transition chargé de mettre en place une nouvelle République et ce sera une responsabilité historique.
Et demain, il sera trop tard pour expliquer à la majorité des Malagasy pourquoi un pays riche continue de rester pauvre.





