L’histoire malgache bégaye, mais cette fois, elle change de ton. Alors que le système Rajoelina s’effondre sous le poids de ses propres dérives, une stratégie de communication émerge des rangs des anciens puissants : la carte de la pitié.
Les Larmes de Crocodile
Il est fascinant d’observer les soutiens de Rinah Rakotomanga inonder les réseaux sociaux de doléances sur ses « conditions de détention défavorables ». Soudain, l’appareil judiciaire malgache et ses prisons seraient devenus inhumains ? On tente d’alerter la communauté internationale, on invoque les droits de l’homme comme un bouclier magique. Mais où étaient ces grands principes lorsque le clan levait son verre de champagne pour célébrer l’incarcération de ses opposants ?
Le Prix du Silence : Les Martyrs de l’Oppression
Avant de s’émouvoir sur le sort de ceux qui ont orchestré la machine, il est du devoir de la nation de se souvenir du prix payé par les véritables victimes. Les droits de l’homme n’étaient pas une option sous l’ère Rajoelina, ils étaient un délit.
- Nini Donia : Une prisonnière politique dont le nom résonne comme un réquisitoire. Elle est morte derrière les barreaux, sa santé brisée par des conditions de détention que le régime de l’époque jugeait sans doute « acceptables » pour ses ennemis.
- Mahery Lanto Manandafy ou Malama : Emprisonné pour de simples publications Facebook. Aujourd’hui, il porte les séquelles indélébiles d’un AVC subi en cellule et des tortures endurées. Pour lui, il n’y a pas eu de champagne, seulement le silence des murs et la brutalité des geôliers.
La Justice n’est pas la Vengeance
Il y a une différence fondamentale entre la persécution et la responsabilité. Lola Rasoamaharo a été broyé par un dossier « inventé » de toutes pièces pour extorsion, une pure fiction politique. Aujourd’hui, les dossiers qui visent les anciens dignitaires s’appuient sur des preuves réelles, des faits tangibles, des crimes documentés.
Invoquer les droits de l’homme aujourd’hui alors qu’on les a piétinés hier est une insulte à la mémoire des morts et aux cicatrices des survivants.
Demander des conditions dignes est un droit, mais l’utiliser comme une stratégie politique pour échapper à la justice est une indécence. Le régime Rajoelina a semé le vent de l’arbitraire ; il récolte aujourd’hui la tempête de la vérité.
Conclusion : Boire la coupe jusqu’à la lie
Le champagne de Rinah Rakotomanga a un goût de cendre aujourd’hui. Si nous célébrons en ce moment, ce n’est pas par cruauté, mais parce que l’injustice a enfin trouvé un terme. Le peuple malgache n’est pas dupe : les larmes versées aujourd’hui sur Facebook par les partisans de l’ancien régime ne sauraient effacer le sang de Nini Donie, ni les séquelles de Mahery Lanto Manandafy.
La justice passe. Enfin. Et cette fois, elle ne repose pas sur une marionnette nommée Brigitte Razaka, mais sur le poids écrasant de la réalité.
Le message est clair : On ne peut pas exiger de la démocratie la protection que l’on a soi-même refusée aux autres au nom de la tyrannie.






