Alors que Mamy Ravatomanga se trouve aujourd’hui derrière les barreaux, l’empire « illicite » financier bâti autour du Groupe SODIAT continue de fonctionner. La véritable chef d’orchestre de cette transition se nomme Haingo Ravatomanga.Depuis l’Île Maurice, l’épouse du businessman a repris les rênes des affaires et assure la continuité des opérations, supervisant la circulation de l’argent à travers plusieurs juridictions pour dissimuler l’origine des fonds, y compris et surtout ceux liés à l’« Irangate malgache ».
Haingo Ravatomanga à la tête du réseau : La continuité financière depuis Maurice
Depuis sa base mauricienne, Haingo Ravatomanga s’impose désormais comme le pivot décisionnel central du conglomérat familial. Détective et stratège malgré les enquêtes de la Financial Crimes Commission (FCC) à Port-Louis, elle orchestre le flux continu des transactions internationales.
En tant que seule détentrice des accès aux comptes bancaires du réseau disséminés à travers le monde, c’est elle qui valide le transfert des capitaux et leur brassage entre plusieurs pays. Ce mécanisme de dissimulation financière permet non seulement de financer le pôle de défense juridique du groupe, mais aussi d’alimenter les structures écrans qui ont permis des opérations de grande ampleur, comme le dossier des Boeing 777.
Ce pilotage financier opaque s’inscrit dans la continuité directe des méthodes utilisées pour l’affaire des avions. Au cœur du scandale international, la société Udaan Aviation (anciennement Falcon Impex, enregistrée sous le nom d’Udaan Potentials Ltd) a servi de façade administrative à Antananarivo pour contourner l’embargo américain et livrer cinq Boeing 777-200 à la compagnie aérienne iranienne Mahan Air.
Pour mener à bien cette opération, la petite structure a profité des connexions historiques du Groupe SODIAT :
- Le levier de la vanille et des épices : L’ancien dirigeant de Falcon Impex, Khushwinder Singh, travaillait dans la collecte de vanille. Un secteur où Mamy Ravatomanga régnait au sein du Conseil National de la Vanille (CNV) pour l’attribution des agréments d’exportation.
- Le verrou du BTP et de la logistique : Pour importer ses matériaux, Falcon Impex s’appuyait sur la logistique douanière et le transit assurés par les filiales de la SODIAT, comme Sodiatrans.
- Le soutien opérationnel aéronautique : Ne disposant d’aucune compétence dans l’aviation, Udaan Aviation a bénéficié de l’appui stratégique et des relais politiques de la SODIAT, notamment TOA Avitation, auprès de l’Aviation Civile de Madagascar (ACM) pour accueillir et transférer la flotte d’avions.
Hier simple partenaire commercial de second rang, Falcon Impex est devenue le bouclier d’une transaction internationale sous sanctions. Aujourd’hui, alors que le fondateur du groupe est hors-jeu derrière les barreaux, Haingo Ravatomanga garantit l’étanchéité et la survie de ce système. En maintenant le contrôle sur la circulation de l’argent et en gérant la continuité des transactions depuis Maurice, elle démontre que la véritable puissance du réseau réside dans sa capacité à faire bouger les capitaux dans l’ombre.






