Alors que les services publics se délitent, la masse salariale de l’État explose. Derrière les promesses de stabilité et d’équité, c’est un système de rente qui se consolide — une fonction publique qui se sert elle-même, sans rendre de comptes au peuple qu’elle est censée servir.
Les hôpitaux manquent de médicaments, les écoles n’ont plus de moyens, les routes s’effondrent. Pourtant, la masse salariale de l’État continue de grimper à un rythme effréné, sans lien avec la qualité ni la performance des services publics.
Pour 2026, le projet de Loi de Finances prévoit 4 852,76 milliards d’Ariary, en hausse de 26 % par rapport à 2025.
Revalorisation générale des salaires, augmentation des indemnités, intégration des contractuels, création de 13 274 nouveaux postes : la liste est longue.
La Caisse de Retraite Civile et Militaire, elle, recevra 372,3 milliards d’Ariary, en forte hausse.
Officiellement, ces mesures visent la stabilité, l’équité et la performance.
Mais dans les faits, elles traduisent surtout le renforcement du statut privilégié des agents publics, sans contrepartie pour le citoyen.
Des droits, jamais de devoirs
À chaque crise sociale et politique, les syndicats de la fonction publique saisissent l’occasion pour réclamer de nouveaux avantages, aussitôt transformés en “droits acquis”.
Mais où est la performance ? Où sont les résultats concrets pour les Malagasy ? Où est la transparence dans la gestion publique ?
Rien n’est évalué, rien n’est exigé, rien n’est transparent.
Le “Fanjakana “ décide, et la majorité des Malagasy subit.
Pendant ce temps, autour de 0,5 % de la population – environ 200000 fonctionnaires – contrôle une machine administrative qui consomme l’essentiel des ressources publiques, tout en échappant à toute exigence de résultats.
Réformer ou entretenir le statu quo ?
La vraie question est simple : voulons-nous réformer en profondeur, en liant les salaires et les promotions à la performance, ou continuer à entretenir un système de rente au profit d’une minorité, au détriment du bien commun ?
Pour une fonction publique au service du peuple
La meilleure décision serait de lier clairement les salaires et avantages à la performance réelle et à la qualité des services rendus.
Un système fondé sur le mérite et la responsabilité doit remplacer la médiocrité et l’impunité.
Car seule une fonction publique motivée, évaluée et orientée vers le bien commun pourra redevenir le moteur du développement et de la confiance citoyenne à Madagascar.





