À peine nommée Ministre de la Refondation, Hanitra Razafimanantsoa suscite déjà la controverse. Sa récente déclaration — « Nous devons respecter l’ordre constitutionnel pour éviter les sanctions internationales et continuer de recevoir des financements » — a choqué plus d’un.
Car au lieu d’incarner la rupture promise, elle semble déjà renouer avec l’ancienne logique de dépendance, celle-là même que la refondation prétend abolir.
Comment comprendre qu’une ministre chargée de repenser le pays à la racine parle comme une gestionnaire de continuité ?
La refondation n’a pas pour vocation de plaire aux bailleurs ni de s’agenouiller devant les institutions internationales. Son essence même est de restaurer la souveraineté, la dignité, et l’indépendance de Madagascar. Or, affirmer que notre avenir dépend de la continuité des financements étrangers, c’est nier le potentiel immense de notre nation.
Le peuple malgache en a assez des dirigeants qui brandissent la peur des sanctions pour justifier la soumission.
Il en a assez des politiques qui troquent la vision pour la dépendance, la refondation pour la résignation.
Ce pays regorge de richesses naturelles, humaines et culturelles. Ce n’est pas l’argent des bailleurs qui manque — c’est la volonté politique de bâtir un modèle réellement malgache, libre et autonome.
Le Président Michaël Randrianirina a affirmé que la refondation visait à briser le cycle de dépendance et à redonner au peuple confiance en sa propre force.
Si Hanitra Razafimanantsoa ne partage pas cette vision, elle n’a rien à faire à la tête de ce ministère.
Les militaires qui ont pris leurs responsabilités l’ont fait dans l’esprit d’un redressement national, pas pour voir revenir les vieilles habitudes de soumission.
On a donné 2 mois aux ministres pour faire leurs preuves.
Mais dans ce cas précis, 2 mois seraient déjà de trop.
Une refondation véritable ne peut se construire avec ceux qui regardent encore vers l’extérieur avant de regarder leur peuple.
Travailler avec l’international, oui — mais sans dépendre.
Collaborer, oui — mais sans se soumettre.
La refondation exige des femmes et des hommes de conviction, pas des gardiens du statu quo.
Si la Ministre Razafimanantsoa ne porte pas cette flamme, qu’elle laisse la place à ceux qui croient en un Madagascar debout, fier et souverain.






