Justice sélective, petits arrangements régionaux et bombe ethnique en cours d’allumage
Madagascar devait vivre une transition exemplaire. À la place, le pays assiste à une dérive inquiétante : une justice à géométrie ethnique, des libérations arrangées entre “gens de la même région”, des dossiers effacés en coulisses, et un président de transition qui, au lieu d’apaiser, laisse planer l’idée d’une candidature future.
Un scénario explosif, dangereux, et totalement contraire à la mission même d’une transition pour une refondation de la nation.
Quand la justice devient un instrument politique
Les faits qui s’enchaînent donnent l’impression d’un système où la justice sert avant tout à régler des comptes… avec une seule catégorie de citoyens.
Les arrestations ?
Les poursuites ?
Les détentions prolongées ?
Les statistiques montrent que ce sont les mêmes qui en font les frais : des Merina.
Pendant ce temps, ceux d’autres régions accusés de détournements massifs se promènent librement, ou mieux encore : ils sont libérés en grande pompe, comme le DG de l’ACM. Libération express, orchestrée — selon plusieurs sources — sous l’influence directe de personnalités du régime de transition, de la même ethnie. Et pourtant, l’affaire est lourde : citée dans des enquêtes étrangères, mentionnée par le FBI lui-même.
D’autres barons d’autres régions sont également intouchables. Ils deviennent transparents comme des anges. Par exemple, ceux impliqués dans le trafic de bois de rose ou dans les malversations au sein de la CNAPS sous le régime Hery Rajaonarimampianina. Les dossiers seraient-ils évaporés ou effacés, murmurent certains.
Toujours les mêmes ingrédients : réseaux régionaux, alliances locales, loyautés ethniques.
La transition est en train d’amorcer le pire : l’ethnicisation de la vie politique
Ce qui devait être une période d’unité devient un terrain miné. Il est temps de se ressaisir, car dans la tête de certaines personnalités sans scrupule, “hommes de paille de forces impérialistes “, une équation dangereuse s’installe :
“Merina = cible”.
Et pendant ce temps,
“les autres ethnies = anges”, même lorsque les dossiers de corruption s’accumulent.
Attention, Attention, Attention, Cette perception issue de faits reels n’est pas un simple detail a negliger . Au contraire,
C’est la matière première de toutes les tragédies ethniques du continent africain, entretenues par des forces impérialistes pour diviser et régner.
C’est ainsi que naissent les purges.
C’est ainsi qu’on fabrique le terreau du génocide.
Et pourtant, aucun responsable socio- politique ne semble vouloir reconnaître la gravité du moment.
On joue avec les nerfs du pays comme avec une allumette au-dessus d’un bidon d’essence.
Le président de la transition jouerait-il avec le feu ?
Lors de son échange avec les Malagasy, enregistré la veille! Le président de la Refondation, chef de l’État, déclare publiquement qu’il pourrait être candidat si “le peuple le réclame”.
Ce n’est plus une transition.
C’est une répétition générale pour une prise de pouvoir légitimée par le chaos.
La société civile avait tenté de lui faire signer des engagements éthiques, un pacte clair, un garde-fou. Mais c’etait un Échec total.
Résultat : un président de transition qui pense déjà à la ligne de départ des élections, au lieu de sécuriser le pays.
La société civile doit se réveiller maintenant car la réalité dérive dangereusement:
La transition dérape.
La justice se politise.
Les tensions ethniques s’attisent.
Les limites de l’armée ont été franchies lors de l’ intervention filmée du chef de l’Etat, le Colonnel Michael Randrianirina,
Et le pays glisse, lentement mais sûrement, vers une zone rouge.
Le pays ne peut se permettre une justice perçue comme ethnique, ni une transition qui se transforme en pré-campagne électorale.
Sans impartialité, sans clarté, sans courage institutionnel, la transition risque d’alimenter précisément ce qu’elle était censée prévenir : la fragmentation du pays. Madagascar risque d’avancer vers un scénario que personne ne veut nommer.
Avant qu’il ne soit trop tard, il est urgent de remettre en place une transition équitable, apaisée et réellement nationale.
Aujourd’hui plus que jamais, Madagascar a besoin :
- d’une justice indépendante,
- d’une transition strictement limitée à son mandat,
- d’une société civile lucide et ferme,
- et d’un discours politique qui rassemble plutôt que de diviser.
Zaza Ramandimbiarison





