Sa politique pour la refondation n’est pas légitime (vue à travers son PMO. PGE-R)
Après un vaste mouvement populaire dénonçant corruption, mauvaise gouvernance et capture de l’État, Madagascar s’est engagé dans une nouvelle transition politique. Les attentes étaient claires : tourner la page d’un système défaillant et jeter les bases d’une véritable refondation.
Pourtant, quelques mois plus tard, le constat s’impose : la rupture annoncée peine à se matérialiser.
Un régime transitoire… mais non élu
Comme dans toutes transitions issues d’une crise, les dirigeants actuels n’ont pas été choisis par les urnes. Leur légitimité est donc limitée. Refonder un pays, définir son avenir ou ordonner une vision politique de long terme ne peut se faire sans mandat populaire.
Toutefois, la transition semble vouloir tracer seule les contours de la refondation de la nouvelle République, sans passer par une concertation nationale cependant indispensable.
Les priorités d’un gouvernement de transition
Un régime transitoire devrait se concentrer sur l’essentiel :
- stabiliser le pays,
- répondre aux urgences économiques qui frappent la majorité des ménages malgaches plongés dans la pauvreté,
- restaurer l’État de droit,
- préparer les institutions de la nouvelle République.
Aller au-delà de ces priorités risque de transformer une période provisoire en un pouvoir qui se normalise.
Les leçons du passé
L’histoire malgache le montre : en 1972, 1991, 2002 et 2009, les transitions ont souvent tendance à durer, à se politiser et à s’éloigner de leur mandat initial. Plus elles s’étirent, plus elles deviennent fragiles et s’éloignent de la volonté du peuple.
Une courte transition pour éviter l’enlisement
Une durée d’environ un an apparaît raisonnable : suffisamment longue pour établir un cadre institutionnel solide, mais assez courte pour empêcher l’installation d’un nouveau système de pouvoir. L’objectif n’est pas de gouverner à la place d’un régime élu, mais de préparer un retour rapide à la normalité démocratique.
Refonder, oui — imposer, non
La refondation n’appartient pas à un gouvernement de transition, mais au peuple malgache. Pour être crédible et durable, elle doit être construite avec lui, et non décidée en vase clos, comme cela semble être le cas dans certains plans officiels du gouvernement.
La transition actuelle se trouve à un carrefour : poursuivre les pratiques du passé ou ouvrir réellement le chemin d’une nouvelle République.
Zaza Ramandimbiarison.





