L’ancien Premier Ministre malgache, reconnu pour son combat contre la corruption, a été persécuté par ceux qu’il tentait de démasquer
Un Parcours Marqué par la Lutte Anticorruption
Jean Ravelonarivo, ancien Premier Ministre de Madagascar et candidat à la présidence, s’est bâti une réputation de combattant infatigable contre la corruption. Durant son mandat à la primature, son action a été saluée par les instances internationales, notamment Transparency International qui a enregistré une progression significative du pays : Madagascar est passé du 135e rang sur 175 pays au 121e rang en matière de perception de la corruption.
Cette amélioration spectaculaire témoignait d’une volonté politique réelle de nettoyer les administrations malgaches, gangrénées par des décennies de pratiques douteuses.
Un Combat qui Dérange
Sans complaisance envers les fonctionnaires corrompus, Ravelonarivo s’est rapidement attiré l’hostilité de nombreux cercles de pouvoir. Son intransigeance et sa détermination à démasquer les affaires douteuses lui ont valu d’être limogé en 2015 par le président Hery Rajaonarimampianina. Selon plusieurs sources, ce limogeage serait intervenu au moment où l’ancien Premier Ministre s’apprêtait à révéler des affaires impliquant Voahangy Rajaonarimampianina, alors Première dame.
2022 : Le Piège se Referme
Redevenu simple citoyen et militaire retraité, Jean Ravelonarivo n’a jamais cessé sa vigilance. En 2022, il aurait eu connaissance de malversations impliquant Mamy Ravatomanga et le président Andry Rajoelina – ces mêmes dossiers qui font aujourd’hui l’objet d’une instruction judiciaire et ont conduit à l’incarcération de Ravatomanga à l’île Maurice.
Mais avant que ces révélations n’éclatent au grand jour, à une époque où Mamy Ravatomanga jouissait encore d’une influence considérable au sein de l’appareil d’État malgache, Ravelonarivo s’apprêtait à dénoncer ces pratiques.
Un Dossier Monté de Toutes Pièces
La riposte a été immédiate et implacable. Selon les allégations, un dossier frauduleux en lien avec la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (CNaPS) a été fabriqué contre l’ancien Premier Ministre, aboutissant à l’émission d’un mandat d’arrêt.
Le Pôle Anti-Corruption (PAC), institution censée incarner la justice et la transparence, a été instrumentalisé pour cette condamnation. Il est aujourd’hui de notoriété publique que plusieurs responsables de ce Pôle ont été limogés, accusés d’avoir servi les intérêts particuliers de Mamy Ravatomanga plutôt que la justice.
Face à cette persécution judiciaire, Jean Ravelonarivo a été contraint au silence et à l’exil pour échapper à une condamnation injuste.
La Vérité Émerge
Aujourd’hui, alors que Mamy Ravatomanga se trouve derrière les barreaux et que ses malversations présumées sont scrutées par la justice mauricienne et internationale, un nouvel éclairage se fait sur l’affaire Ravelonarivo.
Les organisations internationales de lutte contre la corruption, qui avaient salué son action lorsqu’il était aux commandes du gouvernement, maintiennent leur soutien. Elles affirment que Jean Ravelonarivo demeure un défenseur sincère de l’État de droit et de l’intégrité dans la gestion publique.
La question se pose désormais avec acuité : combien d’autres voix dissidentes ont été réduites au silence par des dossiers fabriqués ? Combien de défenseurs de la transparence ont été victimes d’un système qu’ils cherchaient à réformer ?
Un Symbole du Combat pour la Justice
L’histoire de Jean Ravelonarivo illustre les dangers auxquels s’exposent ceux qui osent défier les réseaux de corruption enracinés au sommet de l’État. Elle rappelle que la lutte pour la transparence et la bonne gouvernance peut avoir un coût personnel considérable.
La réhabilitation de Jean Ravelonarivo pourrait devenir un symbole fort : celui d’une justice qui reconnaît ses erreurs et qui refuse de servir d’instrument à la vengeance politique.






