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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Lola Rasoamaharo : acquitté par la Cour de cassation, mais ses comptes bancaires vidés

La gazette de la grande île
17/12/20253 minute read
La grâce présidentielle n’efface pas une condamnation, elle suspend ou annule une peine. La décision de la Cour de cassation, elle, innocente juridiquement.

La justice a finalement tranché.
Le mardi 16 décembre 2025, Lola Rasoamaharo a été acquitté de toutes les accusations portées contre lui par la JIRAMA et Brigitte Razaka, à l’issue d’une décision de la Cour de cassation. Cette juridiction suprême a annulé les poursuites, mettant fin à un dossier qui aura duré plusieurs années et marqué par de lourdes conséquences personnelles, politiques et financières.

Deux libérations, deux procédures distinctes

Il est essentiel de dissocier deux événements souvent confondus dans l’opinion publique.

  • Le premier est la grâce présidentielle accordée en octobre 2025 par Andry Rajoelina à huit prisonniers politiques, alors que le pays était secoué par une grève et une forte tension sociale.
    Lola Rasoamaharo a bénéficié de cette grâce et est sorti de prison le 13 octobre 2025.
  • Le second, totalement indépendant, est la procédure judiciaire menée devant la Cour de cassation, engagée depuis plusieurs mois par son avocat.
    Cette procédure a suivi son cours normal, malgré la libération physique de Lola, et a abouti le 16 décembre 2025 à un acquittement pur et simple.

La grâce présidentielle n’efface pas une condamnation, elle suspend ou annule une peine.
La décision de la Cour de cassation, elle, innocente juridiquement.

Ce sont donc deux mécanismes distincts, ayant conduit à la même issue : la liberté de Lola Rasoamaharo, mais pour des raisons totalement différentes.

Une question centrale : où est passé l’argent de Lola Rasoamaharo ?

Si le volet judiciaire semble désormais clos, un scandale majeur reste entier :
la disparition de l’argent présent sur ses comptes bancaires.

Lors de son emprisonnement en 2023, les comptes bancaires personnels et professionnels de Lola Rasoamaharo ont été gelés, une mesure classique dans ce type de procédure.
Mais à sa sortie de prison, puis après son acquittement définitif, le constat est sidérant :
👉 les comptes sont vides.

Selon les informations disponibles, il ne s’agirait pas d’un seul compte, mais de plusieurs comptes bancaires, tant personnels que professionnels, sur lesquels les fonds auraient totalement disparu.

Qui a donné l’ordre ? Qui a exécuté ?

Plusieurs questions lourdes se posent :

  • Sur quelle base légale des fonds ont-ils pu être retirés ou transférés ?
  • Quel magistrat aurait compétence pour ordonner le vidage de comptes bancaires ?
  • Les banques ont-elles reçu des ordres écrits ?
  • Ont-elles respecté les procédures de gel, de dégel et de restitution des avoirs ?
  • Où est allé l’argent ?

Un gel de comptes n’autorise ni la saisie définitive, ni la disparition des fonds sans décision judiciaire claire, motivée et notifiée.
Or, aucune condamnation définitive n’existe, et la Cour de cassation vient même d’innocenter Lola Rasoamaharo.

Une affaire financière et institutionnelle à éclaircir

Au-delà du cas personnel de Lola Rasoamaharo, cette affaire soulève une question grave sur l’État de droit, le fonctionnement de la justice et la responsabilité des institutions bancaires.

Si les accusations initiales étaient infondées, comme vient de le confirmer la plus haute juridiction du pays, alors la disparition de ses avoirs constitue un préjudice majeur, qui devra être expliqué, documenté et, le cas échéant, réparé.

La libération judiciaire est acquise.
La vérité sur les comptes bancaires reste à établir.

Et c’est désormais sur ce terrain-là que l’affaire Lola Rasoamaharo pourrait entrer dans une nouvelle phase.

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