Des nominations ont été faites récemment, mais nommer n’est pas refonder, et satisfaire n’est pas gouverner.
Un poste dans un État en refondation doit produire des résultats, pas du confort politique.
Madagascar n’a plus besoin de slogans ni de promesses recyclées. Le pays est face à un choix fondamental : continuer à organiser la survie ou refonder l’État et le contrat social pour produire le développement.
Depuis trop longtemps, l’État administre la pauvreté au lieu de la réduire, distribue des aides au lieu de créer de la valeur, et confond solidarité nationale et dépendance organisée.
Le problème de Madagascar n’est ni culturel ni moral. Il est politique, institutionnel et éducatif.
Partout dans le monde, les mêmes instincts humains existent. Ce qui distingue les nations qui se développent, c’est la capacité de l’État et des citoyens à transformer ces instincts en travail productif, responsabilité individuelle et création de richesse collective.
À Madagascar, l’échec de gouvernance est visible :
– quand la faim dicte les décisions, la corruption devient rationnelle ;
– quand l’assistance remplace l’effort, la pauvreté se perpétue ;
– quand la compétence cède au paraître, l’administration se vide de substance.
La refondation ne viendra pas uniquement d’un État réformé, mais aussi d’un citoyen responsabilisé.
Réformer l’État, c’est faire des choix clairs :
– placer l’éducation et la discipline civique au cœur de l’action publique ;
– reconstruire une administration fondée sur la compétence et la performance ;
– conditionner l’aide publique au travail, à l’apprentissage et à l’utilité sociale ;
– rendre effective la décentralisation par la responsabilité locale ;
– combattre la corruption par des mécanismes institutionnels, non par des discours.
Mais la réforme impose aussi une exigence citoyenne : produire avant de réclamer, refuser l’assistanat permanent, et comprendre que la solidarité ne remplace ni le travail ni la responsabilité.
Le développement n’exige pas des citoyens parfaits, mais des citoyens formés, responsables et producteurs, et un État exigeant, juste et cohérent.
La refondation nationale commence lorsque l’État cesse de gérer la pauvreté et choisit d’organiser la production de richesse et de dignité.
Izay mahay mamadika ny kely ho be, tsy ho mahantra.





