La définition de la souveraineté changerait-elle à l’ère des puissances ?
Les faits démontrent que la force est devenue le nouveau langage du monde.
L’opération militaire américaine au Venezuela, menée hors de tout cadre multilatéral, marque un tournant majeur de l’ordre international. Pour la première fois depuis longtemps, la puissance ne se justifie plus par la démocratie ou le droit, mais par l’efficacité et la domination assumée.
L’absence du mot « démocratie » dans le discours du président Trump n’est pas anodine. Le message est clair : il ne s’agit plus de valeurs, mais d’intérêts. Ressources énergétiques, position stratégique, démonstration de force : le Venezuela devient un terrain de contrôle plus qu’un État pleinement souverain. La loi internationale devient secondaire face à l’intérêt stratégique.
Cette logique ne vise pas seulement les grandes puissances rivales. Les États-Unis entendent démontrer que leur domination s’exerce à l’échelle mondiale et que la protection offerte par des puissances concurrentes — qu’il s’agisse de la Chine ou de la Russie — a ses limites. Ce message s’adresse également aux pays faibles. Le droit international n’est plus un rempart automatique, la neutralité n’offre plus de protection, et la souveraineté devient conditionnelle.
Pour des pays comme Madagascar, riches en ressources mais fragiles institutionnellement, cette évolution est un avertissement. Dans un monde désormais transactionnel et hiérarchisé, seuls les États capables de définir clairement leur valeur stratégique et de renforcer leur cohésion interne peuvent espérer préserver leur autonomie.
Un nouvel ordre mondial est en train de se mettre en place. Ceux qui ne l’anticipent pas risquent de le subir.
Zaza Ramandimbiarison





