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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Notre Nation crève debout

La gazette de la grande île
04/01/20265 minute read

Au premier trimestre 2026, il faut avoir le courage de dire ce que tout le monde sait et que personne n’ose formuler clairement : l’État ne gouverne plus, il survit. Et il survit mal. Il survit en sacrifiant la monnaie, en affamant les ménages, en mentant par omission, et en espérant que le peuple confonde fatigue et consentement.

Notre Ariary est la preuve matérielle de cet échec. Il n’est pas faible, il est abandonné. Chaque jour, il recule face à l’Euro et au Dollar comme un boxeur envoyé seul sur le ring sans entraîneur, sans stratégie, sans soins. Et pendant que les responsables parlent de “conjoncture internationale”, la vérité est plus simple et plus violente : l’économie malgache ne tient que par la perfusion extérieure. Un pays qui ne transforme pas, qui n’industrialise pas, qui importe ce qu’il pourrait produire, n’a pas de souveraineté monétaire. Il a une monnaie de survie. Et quand la monnaie tombe, ce ne sont pas les discours qui amortissent la chute, ce sont les ventres vides. L’Etat ne combat pas l’inflation, il habitue la population à vivre avec. Il explique que “les prix montent partout”. Mensonge confortable. Les prix montent plus vite que les salaires, plus vite que la production, plus vite que l’espoir. Le riz n’est plus un aliment, c’est un thermomètre social. Et il indique la fièvre. Quand un État laisse le panier alimentaire devenir inaccessible, il ne fait pas une erreur économique, il fait un choix politique. Celui de considérer que la survie quotidienne du peuple est une variable d’ajustement. Et quand il faut à tout prix la stabilité politique, le grand mensonge officiel entre dans l’arène. Gouverner consiste alors à habituer les pauvres à la misère. L’Etat ne parle de stabilité parce que les rues ne brûlent pas. Mais le silence n’est pas la paix. C’est souvent la dernière étape avant la rupture. La pression pour une vraie transition ne vient pas de “fauteurs de troubles”. Elle vient de fonctionnaires épuisés, de jeunes diplômés sans avenir, de mères qui comptent les cuillères de riz, de citoyens qui ont compris que changer les visages sans changer le système est une escroquerie démocratique. Le pouvoir actuel ne dirige pas un pays confiant. Il administre une méfiance généralisée. Les Fake News ne nous ont pas envahi par hasard. Elles sont l’enfant monstrueux du mensonge d’État. Elles sont nées dans le vide. Vide de parole claire. Vide de transparence. Vide de crédibilité. Quand l’État parle tard, mal, ou faux, la rumeur devient reine. Quand les citoyens ne croient plus aux communiqués officiels, ils croient aux premières publications de pseudos anonymes générés par l’IA. La désinformation est le symptôme, pas la cause. Et au lieu de se remettre en question, le pouvoir accuse les réseaux sociaux. Comme si le problème était la plateforme, et non le mensonge structurel.

Les scénarios politiques naissent alors dans ce chaos. La vérité que personne n’ose écrire. Le premier scénario est le pourrissement contrôlé. Rien ne change fondamentalement. L’Etat gère la colère, distribue le restant, les miettes, annonce des projets sans lendemain. Le pays tient par inertie, pas par vision. Son issue est l’explosion sociale différée, plus brutale, plus incontrôlable. Le deuxième scénario est la fausse transition. Une transition annoncée, négociée entre élites, sans le peuple. Les mêmes réseaux recyclés, les mêmes pratiques repeintes.  Ce sera la rupture définitive entre la jeunesse et la politique. Le troisième est l’effondrement sans bruit. Pas de révolution. Pas de héros. Juste un État qui cesse progressivement de fonctionner, remplacé par l’informel, les réseaux, les arrangements, la débrouille. Nous devenons un pays légalement souverain, socialement abandonné. Le quatrième scénario est la refondation que le système redoute. Une rupture civique, non violente, mais déterminée. Une remise à plat des règles, de la monnaie, de l’économie, de la morale publique. Elle sera douloureuse, risquée, mais la seule voie de survie nationale. Et la dernière vérité, celle qu’on ne diffuse pas : Madagascar ne manque ni d’argent, ni d’intelligence, ni de courage populaire. Il manque de volonté politique honnête.

Un pays ne meurt pas quand il critique ses dirigeants. Il meurt quand les dirigeants confondent l’État avec leur maintien au pouvoir. La question n’est plus si Madagascar va changer. La question est : combien de souffrance faudra-t-il encore pour que le changement ne soit plus évitable ? sur ce, Bonne Merde pour … 2026 !

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