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Le Journal de l'île Rouge
Société

« Tolérance zéro » face aux travaux mal exécutés : QUID du barrage de Beboka et M. Franchi Michele

La gazette de la grande île
26/01/20264 minute read

L’annonce par le gouvernement d’une politique de « tolérance zéro » contre les travaux mal faits, suite à la dégradation du barrage de Tongoloina, résonne comme un défi lancé à l’administration et à la justice. Mais cette détermination affichée sera-t-elle appliquée à tous les dossiers, y compris les plus sensibles ? Le cas du barrage de Beboka et du rôle de M. Franchi Michele constitue un test crucial et sans compromis pour cette nouvelle doctrine.

Un dossier qui incarne tous les maux dénoncés

Le barrage de Beboka est un archétype des dérives que le ministère de l’Économie dit vouloir éradiquer :

  • Travaux de mauvaise qualité et non conformes : Le rapport d’expertise est sans équivoque sur les malfaçons techniques.
  • Sous-traitance problématique : Le choix d’un sous-traitant, M. Franchi Michele, également consul honoraire d’un État étranger, soulève des interrogations majeures sur les critères d’attribution et les possibles conflits d’intérêts.
  • Dépenses injustifiées : 12 milliards d’ariary pour un ouvrage inopérationnel et dangereux représentent un gaspillage criant de fonds publics.
  • Réception complaisante : La divergence entre le rapport d’expertise ministériel (évoquant des réparations à 200 millions d’ariary) et l’alerte des techniciens du FIDA (préconisant une auscultation complète) illustre le flou et les pressions potentielles entourant la réception des travaux.

M. Franchi Michele : une enquête indispensable

La « tolérance zéro » ne peut être sélective. L’engagement politique et le statut diplomatique de M. Franchi ne sauraient le placer au-dessus d’un examen scrupuleux. Les questions sont directes et exigent des réponses claires :

  1. Sur le processus de sous-traitance : Comment et pourquoi l’entreprise de M. Franchi a-t-elle été choisie ? Son statut de consul honoraire a-t-il joué un rôle, fût-il indirect, dans cette attribution ?
  2. Sur l’exécution des travaux : En sa qualité de responsable de l’entreprise sous-traitante, comment assume-t-il la responsabilité des malfaçons techniques pointées par les experts ?
  3. Sur l’influence présumée : Les techniciens du projet ont-ils été soumis à des pressions ou à une forme d’« aveuglement indulgent », comme le suggère l’article, en raison du profil du sous-traitant ?

Une enquête administrative et judiciaire doit être diligentée sans délai pour établir les faits et, le cas échéant, les responsabilités pénales. Le principe de la « tolérance zéro » implique que toute personne, quel que soit son rang ou son entregent, doit répondre de ses actes devant la loi lorsqu’il est question de deniers publics et de sécurité des populations.

La crédibilité de la « tolérance zéro » en jeu

Si le gouvernement est sincère dans sa volonté affichée, le dossier de Beboka doit devenir une priorité d’action, et non un souvenir embarrassant à classer. Les mesures annoncées – renforcement du contrôle, rigueur dans les réceptions, lutte contre les avenants excessifs – trouvent dans ce chantier un terrain d’application concret.

La population, en particulier celle d’Antsalova, doublement lésée (promesse non tenue et danger potentiel), et l’opinion publique observeront avec attention la suite donnée à ce dossier. La « tolérance zéro » sera un slogan vide de sens si des dossiers aussi lourds que celui de Beboka, impliquant des acteurs influents, ne font pas l’objet de sanctions exemplaires et d’une transparence totale.

De la parole aux actes

L’urgence est triple : sécuriser l’ouvrage pour prévenir une catastrophe, indemniser et soutenir les populations lésées, et sanctionner les responsables de ce fiasco pour garantir la non-répétition de tels schémas.

Le traitement réservé au barrage de Beboka et à M. Franchi Michele sera le véritable baromètre de l’engagement de l’État dans sa lutte contre la gabegie et la médiocrité dans les infrastructures publiques. C’est désormais aux actes de prouver que la « tolérance zéro » n’est pas qu’une déclaration de circonstance, mais le fondement d’une nouvelle rigueur républicaine.

 

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