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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Ravalomanana Richard : La Honte des Forces Armées

La gazette de la grande île
26/01/20264 minute read

L’armée se forge dans l’honneur, la discipline et la résilience. Elle élève des hommes et des femmes censées incarner le courage jusqu’au sacrifice. Puis, il y a Ravalomanana Richard. L’ex-commandant, autoproclamé pilier des heures sombres de la transition de 2009, vient d’offrir à l’institution militaire sa plus cinglante humiliation en se révélant être un pleurnichard lâche, prêt à tout pour fuir les conséquences de ses actes.

Son cas n’est plus une simple affaire judiciaire ; c’est une tache sur l’uniforme, une insulte à tous ceux qui portent ou ont porté les armes avec dignité. L’homme qui se pavanait en « homme fort », le gros bras d’Andry Rajoelina qui terrorisait les médias et les opposants avec son fusil en bandoulière, fond aujourd’hui en larmes en cellule. Selon les suppliques pathétiques relayées par sa famille, il supplie pour qu’on l’exécute et implore qu’on empoisonne sa nourriture. Le voilà, le fier produit des écoles de guerre françaises et américaines : un général en détresse qui offre ses galons en échange de sa liberté, comme un enfant rend un jouet volé.

Le titre est dur, mais la réalité l’est plus encore : Ravalomanana Richard EST la honte des forces armées. Pourquoi ?

  1. Il bafoue le sens du sacrifice. Des milliers de soldats, de bas rang jusqu’aux officiers, sont formés à affronter l’extrême, y compris la capture et l’emprisonnement. Lui, après seulement quelques semaines de garde à vue, renie tout instinct de survie et d’honneur pour mendier une mort… par facilité. Quel message envoie-t-il aux jeunes recrues ?
  2. Il réduit l’autorité à du théâtre. Son règne de terreur médiatique n’était donc qu’une mise en scène ? Ses galons, son attitude de dur, n’étaient que les accessoires d’un complexe d’infériorité caché sous l’uniforme. Il a utilisé le prestige de l’institution comme un costume de super-héros pour masquer sa propre lâcheté foncière.
  3. Il salit la notion de commandement. Un commandant, surtout du CIRGN, est censé inspirer, prendre des décisions difficiles et assumer ses responsabilités. Celui-ci, face à ses propres choix politiques qui l’ont mené en prison, ne montre qu’un défaitisme absolu. Il ne cherche pas à se défendre avec honneur ; il cherche à disparaître par la plus petite porte, quitte à en appeler au meurtre.

Sur un point, cependant, ses lamentations doivent être entendues : il a affirmé être prêt à voir ses galons retirés pour sortir de prison. Cette requête révèle une profonde incompréhension de la gravité de son cas. Le problème n’est pas un marchandage où il échange ses insignes contre sa liberté. Le problème est que ces galons, il ne les mérite plus. Ils doivent lui être retirés, non pas comme un compromis pour sa libération, mais comme un acte nécessaire de purge institutionnelle. Par son comportement lâche et indigne, il a lui-même décloué ces étoiles du drap de l’honneur militaire. Les lui enlever est un devoir pour restaurer un minimum de crédibilité et montrer que l’armée ne tolère pas que son uniforme serve de cache-misère à la couardise.

Son comportement est une insulte à chaque militaire qui a serré les dents dans l’adversité, à chaque ancien combattant, à chaque soldat qui comprend que porter l’uniforme engage bien au-delà du simple port d’armes. C’est le « bling-bling » du grade poussé à son paroxysme : tout pour le prestige, rien pour le caractère.

La vraie question n’est plus de savoir s’il sera jugé, mais comment l’armée malgache peut-elle laver cet affront fait à son éthique ? Ravalomanana Richard a peut-être peur de la prison, mais ce qu’il devrait redouter par-dessus tout, c’est le mépris éternel de ses pairs et la postérité d’être celui qui a préféré les sanglots aux principes, faisant de lui, à jamais, la honte vivante des forces armées.

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