Une plume a refermé son livre de vie.
Annick Raherimanana n’était pas seulement une journaliste. Elle faisait partie de ces pionnières qui ont donné un visage, une exigence et une âme à la presse malgache, dès les premiers pas de La Gazette de la Grande Île.
Je me souviens de cette petite femme, discrète, mais ferme, qui leadait le desk avec une autorité naturelle, faite non de bruit, mais de rigueur. À l’époque où je supervisais l’imprimerie de La Grande Île, nos échanges allaient bien au-delà des délais et des bouclages : discussions politiques, débats de fond, analyses sans complaisance. Annick avait cette droiture rare — celle qui ne se négocie pas, même sous pression.
Elle incarnait un journalisme exigeant, droit, et profondément responsable, à une époque où la plume pesait encore lourd et où chaque mot engageait.
Aujourd’hui, la presse perd une mémoire.
Et nous, un repère.
Repose en paix, Annick.
Ta voix s’est tue, mais ta trace demeure.
Thierry Raharison






