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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Manuel de survie pour ex-président en manque d’invitations

La gazette de la grande île
16/02/20262 minute read
Manuel de survie pour ex-président en manque d’invitations

Bon. Puisqu’il faut parler franchement, parlons franchement.

L’Union africaine t’a dit non. Pas un “peut-être”, pas un “on verra”, pas un “passe quand même”. Un non net, propre, diplomatique. Ton jet privé n’a pas survolé l’Éthiopie, et ton nom n’était pas sur la liste des invités à Addis-Abeba. Message reçu cinq sur cinq par tout le monde… sauf par toi.

Et c’est là que le problème commence.

Quand on n’est plus le président, on n’agit pas comme si on l’était encore. Annoncer publiquement un déplacement en avion privé vers une réunion où seul le chef d’État en exercice est autorisé, c’est comme arriver à une fête après avoir été rayé de la liste, en frappant à la porte en disant : « Je suis déjà habillé, laissez-moi entrer. »

Ça ne marche jamais. Jamais.

À vouloir absolument exister dans l’agenda international, tu deviens envahissant. À vouloir forcer la photo, tu confirmes ton absence de statut. À vouloir montrer que tu comptes encore, tu montres surtout que tu n’acceptes pas qu’on t’ait dit stop.

Et là, je te le dis sans détour : tu agis de manière toxique.
Trop de présence, trop d’annonces, trop d’agitation. Tu parles trop fort dans une pièce où on ne t’a pas invité à entrer.

La règle est simple : quand on te ferme la porte, tu t’éloignes.
Tu te tais. Tu disparais. Tu laisses planer le doute.
Parce que le manque attire toujours plus que l’insistance.

Aujourd’hui, tu fais exactement l’inverse : tu t’accroches, tu forces, tu t’imposes. Résultat ? L’UA ne te voit plus comme un ancien chef d’État respectable, mais comme l’ex qui refuse de comprendre que la relation est terminée.

Le pouvoir, quand il n’est plus là, se travaille dans l’ombre. Pas sur les pistes d’aéroport, pas dans les communiqués tapageurs, encore moins dans un jet privé bloqué avant même d’avoir décollé politiquement.

Fais silence.
Arrête les annonces.
Laisse les institutions respirer sans toi.

Parce qu’à ce rythme, ce n’est pas seulement l’espace aérien éthiopien qui te sera fermé. C’est l’espace politique tout court.

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