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Le Journal de l'île Rouge
Economie

SCOOP : Le “Cadeau” de l’Ihorombe – Comment l’État a été bradé à Tozzi Green

La gazette de la grande île
25/03/20265 minute read

Par notre Journaliste investigateur basé au 620 Eight Avenue , Manatthan , N.Y, United States 10451

Alors que les Malgaches luttent quotidiennement pour la terre et la dignité, un document exclusif vient confirmer l’un des plus grands scandales fonciers de l’ère post-2009. Entre passe-droits politiques et chiffres dérisoires, plongée au cœur d’un contrat où l’État n’est pas seulement perdant : il a été sacrifié.

Un prix de vente… ou une insulte ?

Le chiffre donne le vertige par son ridicule. Le contrat de bail emphytéotique signé le 17 août 2012 accorde à la société italienne Tozzi Green une redevance de 0,03 Ariary par mètre carré.

Pour comprendre l’ampleur du « cadeau », il faut regarder les tarifs de l’époque : pour un usage agricole, la fourchette légale se situait entre 20 Ar et 120 Ar. En accordant un prix 666 fois inférieur au minimum légal, les signataires n’ont pas fait une transaction, ils ont fait une aumône avec le patrimoine national. Le manque à gagner pour les caisses de l’État se chiffre en milliards d’Ariary chaque année.

Le « Mic-Mac » Rajoelina-Hajo : Des compensations dans l’ombre ?

Ce dossier n’est pas né d’une administration distraite, mais d’une volonté politique de fer. Le processus, entamé dès 2011 sous la Transition de Andry Rajoelina, avec Hajo Andrianainarivelo à l’Aménagement du Territoire, soulève une question brûlante : pourquoi un tel bradage ?

Des témoignages internes suggèrent que cette valeur dérisoire n’aurait été rendue possible qu’en échange de compensations personnelles occultes versées aux décideurs de l’époque. Comment expliquer autrement qu’un Ministre puisse apposer son sceau sur un contrat qui dépouille son propre pays ?

L’art du morcellement : L’arnaque des 6 558 Hectares

Sur le papier, le contrat affiche 6 558 hectares. Un chiffre stratégique. En réalité, nos sources sur le terrain et la fiche technique jointe au dossier révèlent une ambition bien plus vaste : une prospection portant sur 100 000 hectares et une première tranche réelle de 20 000 hectares.

Pourquoi cette différence ? C’est la technique du « saucissonnage« . En déclarant officiellement moins de 10 000 hectares dans le contrat final, la société et ses protecteurs politiques contournent les limites légales et évitent le contrôle du Parlement, obligatoire pour les concessions de très grande envergure. Sur le terrain, Tozzi Green exploiterait déjà bien au-delà des 10 000 hectares, en toute opacité.

Un contrat taillé sur mesure pour le preneur

L’analyse du document révèle des failles béantes, toutes en faveur de Tozzi Green :

  • Le fait accompli : Dès octobre 2011, l’administration avouait que le terrain était « déjà exploité » , soit presque un an avant la signature officielle du bail. Tozzi Green s’est installée chez nous comme en terrain conquis, sans titre, avec la bénédiction du pouvoir.
  • Le piège des constructions : L’article 3 stipule que tout ce que Tozzi Green construit lui appartient « en toute propriété ». À la fin du bail, l’État devra soit racheter ces infrastructures au prix fort, soit laisser le terrain à la société.
  • L’impunité en cas de rupture : Si l’État veut récupérer sa terre, il doit payer des indemnités massives. Si Tozzi Green s’en va, elle ne paie qu’un simple dédit.

L’Ihorombe, terre de spoliation

En résumé, ce contrat est un manuel de spoliation légale. Entre un prix dérisoire, une surface réelle masquée par un morcellement administratif et des clauses protégeant l’investisseur au détriment de la souveraineté, l’affaire Tozzi Green est le symbole d’un État bradé par ses propres dirigeants.

L’État est le grand perdant, mais qui sont les vrais gagnants ? La justice finira-t-elle par demander des comptes sur les « compensations » qui ont scellé le sort de l’Ihorombe ?

Cependant : L’Ihorombe n’est que la face émergée de l’iceberg.

Il serait naïf de croire que le plateau de l’Ihorombe est une exception géographique ou une erreur isolée de l’administration Transition. Ce contrat porte les stigmates d’une méthodologie de spoliation appliquée à l’échelle nationale sous l’ère Rajoelina-Hajo.

Le « mode opératoire » semble s’être exporté avec une efficacité redoutable dans d’autres régions stratégiques de la Grande Île. La rédaction poursuit ses investigations et se penchera prochainement sur deux autres dossiers explosifs :

  • Le cas Delta Jatropha à Antsohihy : Où les promesses d’or vert (biocarburant) cachent des réalités foncières tout aussi troubles.
  • Mahajanga Greens : Un autre projet d’envergure où les intérêts des investisseurs semblent avoir pris le pas sur les droits des populations locales et les revenus de l’État.

Le dossier Tozzi Green n’est que le premier chapitre d’une série noire sur le bradage de nos terres. La question demeure : combien de milliers d’hectares ont ainsi été sacrifiés sur l’autel de « compensations personnelles »?

Prochainement dans nos colonnes : Delta Jatropha, le mirage d’Antsohihy.

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