Harry Laurent Rahajason alias 𝐑𝐨𝐥𝐥𝐲 𝐌𝐞𝐫𝐜𝐢𝐚 revient une nouvelle fois au cœur du pouvoir, cette fois comme Directeur de la Communication de la Présidence de la Réfondation. Une trajectoire qui étonne autant qu’elle fascine, tant l’homme incarne à lui seul l’art du 𝐫𝐞𝐭𝐨𝐮𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞, 𝐝𝐞𝐬 𝐟𝐢𝐝𝐞́𝐥𝐢𝐭𝐞́𝐬 𝐞́𝐩𝐡𝐞́𝐦𝐞̀𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐢𝐦𝐢𝐭𝐢𝐞́𝐬 𝐝𝐮𝐫𝐚𝐛𝐥𝐞𝐬. Celui qui fut autrefois l’un des piliers du Groupe de Presse Sodiat, propriété de Mamy Ravatomanga, est aujourd’hui l’un de ses adversaires les plus acharnés. Une métamorphose qui illustre parfaitement la formule qui semble coller à sa peau : 𝐉𝐞 𝐭𝐞 𝐥𝐞̀𝐜𝐡𝐞, 𝐣𝐞 𝐭𝐞 𝐥𝐚̂𝐜𝐡𝐞, 𝐣𝐞 𝐭𝐞 𝐥𝐲𝐧𝐜𝐡𝐞.
Longtemps protégé du puissant homme d’affaires, Rolly Mercia a bénéficié de son réseau, de ses moyens et de son influence. Il en fut même l’un des visages médiatiques les plus visibles. Mais la rupture fut brutale, laissant derrière elle une rancœur profonde. Depuis, il s’est mué en pourfendeur de celui qu’il servait hier avec zèle. Cette haine assumée, presque obsessionnelle, est devenue l’un des moteurs de son discours public, comme si chaque prise de parole devait solder un compte personnel.
Son parcours politique est à l’image de cette instabilité, ministre de la Communication en 2011 avant d’être évincé sans ménagement, repêché ensuite par d’autres réseaux, notamment celui de 𝐌𝐛𝐨𝐥𝐚 𝐑𝐚𝐣𝐚𝐨𝐧𝐚𝐡, puis de nouveau propulsé sur le devant de la scène. À chaque étape, Rolly Mercia semble renaître sous une nouvelle forme, prêt à défendre avec vigueur ce qu’il combattait la veille. Les journalistes se souviennent de ses bras de fer avec l’Ordre des Journalistes de Madagascar, de ses positions fluctuantes sur la liberté de la presse, et de sa capacité à manier la communication comme une arme plutôt que comme un outil.
Les observateurs dressent de lui un portrait sévère, 𝐮𝐧 𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐚𝐭𝐭𝐢𝐫𝐞́ 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫, 𝐡𝐚𝐛𝐢𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐧𝐚𝐯𝐢𝐠𝐮𝐞𝐫 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐞𝐬 𝐜𝐥𝐚𝐧𝐬, 𝐜𝐚𝐩𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐝𝐞 𝐫𝐞𝐭𝐨𝐮𝐫𝐧𝐞𝐫 𝐬𝐚 𝐯𝐞𝐬𝐭𝐞 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐮𝐧𝐞 𝐚𝐢𝐬𝐚𝐧𝐜𝐞 𝐝𝐞́𝐜𝐨𝐧𝐜𝐞𝐫𝐭𝐚𝐧𝐭𝐞. Un survivant politique, un caméléon qui sait se rendre indispensable tant que les circonstances le permettent. Ses adversaires le décrivent comme un stratège redoutable, imprévisible, parfois dangereux, dont les convictions semblent s’adapter aux opportunités du moment.
Sa nomination à la tête de la communication présidentielle n’est donc pas anodine. Elle annonce une période où 𝐥’𝐢𝐦𝐚𝐠𝐞, 𝐥𝐚 𝐩𝐫𝐨𝐩𝐚𝐠𝐚𝐧𝐝𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐫𝐞́𝐜𝐢𝐭𝐬 𝐨𝐟𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞𝐥𝐬 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐫𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐝𝐞𝐯𝐞𝐧𝐢𝐫 𝐝𝐞𝐬 𝐢𝐧𝐬𝐭𝐫𝐮𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐜𝐞𝐧𝐭𝐫𝐚𝐮𝐱 𝐝𝐮 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫. Rolly Mercia n’est pas seulement un technicien de la communication, il est un acteur politique à part entière, avec ses loyautés mouvantes, ses combats personnels et sa capacité à polariser. Son retour au sommet laisse présager une communication offensive, peut‑être même vindicative, où les vieilles rancœurs pourraient se mêler aux stratégies d’État.
Rolly Mercia incarne un système où rien ne se perd, tout se recycle. Il a servi Ravatomanga avant de le combattre. Il a servi un régime avant d’en rejoindre un autre. Il a dénoncé des pratiques qu’il a ensuite reproduites. Sa trajectoire est celle d’un homme qui sait survivre à tout, quitte à changer de peau. Et aujourd’hui, c’est cette figure complexe, controversée et redoutée qui prend les rênes de la communication présidentielle.
𝐔𝐧 𝐡𝐨𝐦𝐦𝐞 𝐪𝐮𝐢 𝐥𝐞̀𝐜𝐡𝐞 𝐪𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐢𝐥 𝐟𝐚𝐮𝐭 𝐬𝐞́𝐝𝐮𝐢𝐫𝐞, 𝐪𝐮𝐢 𝐥𝐚̂𝐜𝐡𝐞 𝐪𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐥𝐞 𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐭𝐨𝐮𝐫𝐧𝐞, 𝐞𝐭 𝐪𝐮𝐢 𝐥𝐲𝐧𝐜𝐡𝐞 𝐪𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐢𝐥 𝐬𝐞 𝐬𝐞𝐧𝐭 𝐭𝐫𝐚𝐡𝐢. Un homme qui, plus que jamais, se retrouve au cœur du pouvoir.






