Ce midi, au PK 48+500 de la RN2, l’horreur a une fois de plus frappé. Une mère et son enfant ont perdu la vie, broyés dans leur Hyundai par le conteneur d’un semi-remorque. Si l’on parle officiellement d’une « rupture de transmission », ne nous trompons pas de coupable : ce n’est pas la mécanique qui a tué, c’est la corruption décomplexée qui gangrène nos routes.
Une tragédie prévisible
Le scénario est tristement classique : un poids lourd lancé à vive allure, une surcharge manifeste, et une pièce mécanique qui lâche sous l’effort de trop. Ce camion n’aurait jamais dû se trouver sur la chaussée. Mais dans un système où tout s’achète, la sécurité des usagers de la route est devenue une variable d’ajustement monnayable.
La chaîne de la honte : qui sont les complices ?
Derrière chaque carcasse de voiture, derrière chaque corps extrait des décombres à Andranomangatsiaka, se cache une hiérarchie de responsables qui ferment les yeux moyennant finances.
- Les Transporteurs : Des patrons avides qui imposent des surcharges records et des cadences infernales à des chauffeurs épuisés. Pour eux, l’entretien est une option et la vie humaine un coût d’exploitation.
- La Direction Générale de la Sécurité Routière (DGSR) : Corrompue de la tête aux pieds. Aujourd’hui, la « visite technique » est une mascarade. On n’emmène plus le véhicule, on envoie les papiers avec un billet. On valide des cercueils roulants pour quelques milliers d’ariary.
- L’Agence de Transport Terrestre (ATT) : Une régulation de façade qui laisse passer l’anarchie au profit du plus offrant.
- Les Forces de l’Ordre : Censées protéger la population, elles sont devenues les péagers d’un système mafieux. Au bord des routes, on ne contrôle plus l’état des pneus ou la hauteur des bagages, on perçoit la « taxe de passage » pour laisser circuler l’irrégularité.
- Le Ministère du Transport : Le sommet de la pyramide. En cautionnant ce laisser-aller par son inertie et son silence acheté, le ministère signe, jour après jour, les arrêts de mort des citoyens malgaches.
Jusqu’à quand ?
Le père de famille, aujourd’hui seul au CHRD de Manjakandriana, est le témoin d’un État défaillant. On nous dira que c’est la fatalité. C’est faux. La transmission a lâché parce qu’elle ne pouvait plus supporter le poids excessif et l’absence d’entretien de longue date.
Ces « arrangements » financiers quotidiens aux barrages et dans les bureaux climatisés finissent toujours par se payer en vies humaines. Aujourd’hui, c’était une femme et son enfant. Demain, ce sera qui ?
Messieurs les responsables, regardez ces photos de l’accident : c’est votre corruption que l’on voit sous le poids de ce conteneur. Il est temps que la peur change de camp et que les comptes soient rendus.






