Rumeurs de coup d’état, gabegie, invectives par médias interposés, à dire vrai le désordre règne, la confusion envahit l’esprit de tout un chacun. En ce temps d’incertitude, due aux troubles au Moyen Orient, l’avenir reste flou surtout pour les millions de Malagasy qui vivent au jour le jour. Certes la conjoncture internationale n’aidant pas, la menace d’une pénurie d’énergie, décroissance et inflation galopante guettent le quotidien d’une population déjà paupérisée. On assiste encore à de l’« adilahy politika » en tout genre. Les leçons, pourtant d’un passé très récent, dont les cicatrices ne sont pas encore refermées, sont déjà oubliées. Les thuriféraires et autres trompettistes du palais sont toujours présents, et la capture de l’Etat par quelques individus, de bonne ou mauvaise intention, est toujours d’actualité.
« Jupiter,
Es-tu là »
Cérémonies prestigieuses, voyages luxueux, séminaires dispendieux voilà les habitudes tenaces de l’Etat, au frais des contribuables bien sûr. Celui qui ose parler ou émettre la moindre critique se trouve menacé « au voyage sans retour ». A Madagascar le « jupitérisme » atteint son paroxysme, on ne peut pas contredire ni même émettre la moindre critique, même si celle-ci est fondée, sur ce que « Monsieur » a dit, car sinon on est considéré comme une paria, un adversaire désigné du régime. Tout cela rappelle les heures les plus sombres de certaines pratiques « venues de l’Est », mais il est vrai qu’ils sont actuellement nos meilleurs amis, on leur confie même notre vie, Soljenitsyne doit se retourner dans sa tombe.
« La perte,
De tous les repères culturels
Discours récent, peuple de la jeunesse, prenez votre responsabilité, prenez donc le pouvoir, tel est le leitmotiv du moment ! Il est vrai qu’aux âmes bien nées, la valeur n’attend pas le nombre des années », mais la culture malagasy est basée sur le respect des anciens, les « ray aman-dreny ». Pour nous peuple venant des Vazimba, la sagesse s’acquiert avec l’âge, les anciens méritent écoute et respect. La société malagasy ne trouve pas son salut ni dans le wokisme ni dans le mariage pour tous, Madagascar est un pays avec une base culturelle importante dont l’une des caractéristiques est le christianisme. Soyons clair, Madagascar est un pays chrétien, malgré la laïcité, la liberté d’exercer sa religion, le socle fondamental de notre société est la religion chrétienne et ce depuis le 17ème Siècle jusqu’à ce jour où 85% de la population sont pratiquants. Avec la guerre civilisationnelle qui émerge un peu partout, la perte de tous les repères sociaux et l’« ubérisation » de la société mondiale, nous devrions être jaloux et protecteurs sur notre identité et fiers de nos origines.
« La loi,
Respectons la loi »
Le seul garde-fou et pilier de tout progrès se trouve également être l’Etat de droit, sans lui le véritable progrès économique reste hypothétique. Le respect des droits de propriété a été la genèse des progrès de la société moderne, la signature de la Magna Carta en 1215 a été le principal acte fondateur du développement économique du monde. Sans le respect du droit de chacun, aucun progrès ne peut être imaginé, la politique basée sur la loi du plus fort, sur le culte de la personnalité ou l’autocratie est vouée à l’échec. Le seul salut repose sur l’émancipation et la liberté de tous à tracer son propre avenir. La seule légitimité réside également sur le résultat des urnes, alors jusque-là personne ne peut se targuer de porter la voix du peuple ou s’enorgueillir d’être celui qui porte le flambeau du changement.





