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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Scandale des infrastructures sportives : 106 milliards d’Ariary évaporés sous l’ère Rajoelina

La gazette de la grande île
14/04/20263 minute read
La Cour des Comptes conclut à un échec de gouvernance total. Ce dossier n'est plus une affaire administrative, c'est une affaire judiciaire. Les responsables de ce siphonage de 106 milliards d'Ariary doivent désormais répondre de leurs actes devant la nation

Le verdict de la Cour des Comptes est une déflagration pour le régime : la construction des 20 infrastructures sportives lancée en 2019 n’est pas un simple échec technique, mais une « atteinte systématique à la moralité de la dépense publique ». Derrière les promesses de campagne, se cache un système de pillage organisé qui a déjà englouti 106 milliards d’Ariary pour des chantiers qui, pour la plupart, ne sortiront jamais de terre.

Le Trio du Désastre : Les coupables désignés

Le rapport de la Cour des Comptes met en lumière une chaîne de commandement où l’incompétence dispute la place à la malversation. Les noms des signataires et donneurs d’ordres sont désormais au centre du viseur :

  • Tinoka Roberto (Ministre de la Jeunesse et des Sports dès 2019) : Le signataire en chef. En validant des marchés sans aucune étude préalable et sur des terrains non identifiés, il a ouvert grand les vannes du Trésor Public. Son ministère a piloté une stratégie de « signature d’abord, réflexion après », permettant l’explosion illégale des coûts.
  • Gérard Andriamanohisoa (Secrétaire d’État en charge des Nouvelles Villes et des Infrastructures) : Le maître d’œuvre technique du régime. Responsable de la viabilité des projets, il a laissé engager des fonds colossaux sur des marécages à Mahajanga ou des sables mouvants à Ampanihy. Cette légèreté coupable a servi de prétexte idéal pour injecter des dizaines de milliards en « avenants » injustifiés.
  • Andry Rajoelina : Instigateur de cette politique de « l’urgence présidentielle ». En imposant un calendrier politique déconnecté de la réalité technique, il a forcé le verrouillage des procédures de mise en concurrence, sacrifiant l’argent des Malgaches sur l’autel de sa propre communication.

Le pacte des profiteurs : SODIAT, Magic et Colas

L’audit révèle un « entre-soi » financier flagrant. Le recours abusif aux contrats-cadres et le verrouillage des appels d’offres ont profité à un cercle restreint : le groupe SODIAT (historiquement lié au chef de l’État), l’entreprise Magic et Colas.

Le principe de libre concurrence a été piétiné : les travaux d’aménagement ont été systématiquement attribués aux mêmes prestataires, créant un monopole de fait sur ces 106 milliards d’Ariary déjà décaissés.

Un pillage en chiffres : Le bilan de la honte

L’institution de contrôle des finances publiques dénonce un mécanisme de détournement sophistiqué :

  1. L’arnaque des avenants : 14 sites sur 20 ont été déplacés APRES la signature des contrats. Ces « imprévus » ont généré 36,4 milliards Ar de surcoûts (une hausse de 25,25 %, dépassant tous les seuils légaux).
  2. Paiement sans service fait : Alors que 17 ouvrages sur 20 sont à l’arrêt total, l’État a déjà payé 106 milliards Ar, soit un taux de paiement global de 61,1 % pour du vent.
  3. Préjudice net : Le trou financier direct est estimé à 46,94 milliards Ar minimum, sans compter la dégradation inévitable des squelettes de béton abandonnés.

Des ruines pour seul héritage

Pendant que Tinoka Roberto et ses complices se targuaient de moderniser le pays, les piscines olympiques de Mahajanga et Toliara sont devenues des bourbiers impraticables pour « risques géotechniques majeurs ».

La Cour des Comptes conclut à un échec de gouvernance total. Ce dossier n’est plus une affaire administrative, c’est une affaire judiciaire. Les responsables de ce siphonage de 106 milliards d’Ariary doivent désormais répondre de leurs actes devant la nation.

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