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Le Journal de l'île Rouge
Edito

ÉDITORIAL : Le Verre de la Justice après la Coupe du Mépris

La gazette de la grande île
04/05/20263 minute read
Hier, ils célébraient l'injustice avec du champagne. Aujourd'hui, ils boivent la coupe de la vérité jusqu'à la lie

Il est des dates qui s’inscrivent dans la mémoire d’un peuple comme des cicatrices. Le vendredi 25 mars 2023 restera l’une d’elles. Ce soir-là, alors que le système Rajoelina venait de jeter Lola Rasoamaharo derrière les barreaux, une image a enflammé la toile, devenant le symbole d’une ère de cruauté décomplexée : Rinah Rakotomanga, alors porte-parole de la Présidence, levant un verre de champagne.

Un Toast sur les Cendres de la Liberté

Ce verre de cristal n’était pas une simple célébration privée ; c’était une provocation publique. En publiant cette photo le soir même de l’arrestation du PDG de La Gazette de la Grande Île, Rinah Rakotomanga ne fêtait pas seulement la chute d’un homme, elle célébrait la mise à mort de la liberté de la presse.

Lola Rasoamaharo, figure centrale de la résistance intellectuelle, venait d’être neutralisé par une machination grotesque. Derrière lui, c’est toute une profession qu’on tentait de museler. Ce champagne avait le goût de l’arrogance d’un régime — mené par le trio Rajoelina, Andriantsitohaina et Ravatomanga — qui se croyait intouchable et éternel.

Rolly Mercia : La Résilience face à la Barbarie

Pendant que les bouchons sautaient à la Présidence, dans l’ombre humide d’Antanimora, d’autres payaient le prix fort. Rolly Mercia, pour avoir osé défier l’empire de Mamy Ravatomanga, subissait un calvaire sans nom. Les conditions de détention extrêmes ont ravagé sa santé, provoquant un vieillissement accéléré et des séquelles physiques indélébiles.

Mais l’histoire est un juge patient. Aujourd’hui, Rolly Mercia, rescapé de l’enfer, occupe le poste de Directeur de la Communication de la Présidence de la Refondation. Son parcours est la preuve vivante que l’on peut briser le corps d’un homme, mais pas sa dignité.

L’Ironie Cinglante du Sort

Le vent a tourné, et l’ironie est aujourd’hui totale, presque poétique. Rinah Rakotomanga, celle-là même qui trinquait à l’oppression, se retrouve aujourd’hui derrière les mêmes barreaux qu’elle jugeait « mérités » pour les autres.

Ses partisans tentent désormais d’alerter la communauté internationale sur ses « conditions de détention », jouant la carte de la fragilité et des droits de l’homme. Quelle indécence !

Où était leur pitié quand Nini Donia mourait en prison, abandonnée par le système ?

Où étaient leurs principes quand Mahery Lanto Manandafy subissait un AVC après des séances de torture ?

La Fin de l’Impunité

La différence entre le 25 mars et aujourd’hui est fondamentale : Lola Rasoamaharo a été condamné à 5 ans ferme sur la base d’un dossier « extorsion de fonds » inventé de toutes pièces par une marionnette nommée Brigitte Razaka. Aujourd’hui, les dossiers qui visent Rinah et Mamy Ravatomanga, ainsi que les mandats contre Rajoelina et Naina en fuite, ne sont pas des fables politiques. Ce sont des actes d’accusation lourds, appuyés par des preuves réelles et irréfutables.

Hier, ils célébraient l’injustice avec du champagne. Aujourd’hui, ils boivent la coupe de la vérité jusqu’à la lie.

Nous levons nos verres à notre tour. Non pas pour savourer une vengeance aveugle, mais pour célébrer la fin d’un cauchemar. Nous trinquons à la mémoire des martyrs et à la victoire de la justice réelle sur la parodie de droit. Le champagne de l’oppression est terminé ; place au vin de la liberté.

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