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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Ministère de la Communication : Le naufrage amateur d’un pilier de la Refondation

La gazette de la grande île
19/06/20264 minute read
Si ce ministère se fait systématiquement déborder par des montages internet amateurs, c'est qu'il est défaillant depuis le premier jour. Son incapacité à devancer l'actualité crée le vide informationnel dans lequel s'engouffrent la désinformation et la rumeur

TRIBUNE. Au moins trois démentis par semaine. C’est le bilan pathétique du ministère de la Communication de la Refondation, transformé en usine à ramer après le courant. Chaque jour, la toile malgache s’amuse à ses dépens : fausses interviews, décrets bidons, fake news grossières… Et chaque jour, le ministère plonge tête la première, s’enfermant dans un rôle ridicule de pompier de service sur les réseaux sociaux. Ce n’est plus de la communication publique, c’est du divertissement quotidien pour internautes.

Ce constat pose un diagnostic implacable : nous avons affaire à une défaillance structurelle majeure. Ce ministère ne maîtrise absolument pas son sujet.

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Quand on demande des comptes sur les actions concrètes de ce ministère depuis sa création, la réponse tient dans un salon d’honneur : la distribution de médailles et de distinctions honorifiques aux acteurs de la culture. Qu’on ne s’y trompe pas : la culture est un secteur noble, mais ce n’est pas de la communication.

Pendant que le ministre joue les maîtres de cérémonie et distribue les bons points, le cœur de sa mission est à l’abandon. Communiquer, ce n’est pas faire de l’événementiel culturel. Ce n’est pas non plus jouer les haut-parleurs mécaniques pour rapporter platement les faits et gestes du gouvernement, ni s’agiter sur Facebook pour crier au mensonge à la moindre rumeur.

Un vide stratégique qui crée la fake news

Rappelons une vérité fondamentale : la communication est le système nerveux d’un État, d’autant plus en période de transition démocratique ou de prétendue « Refondation ». C’est elle qui doit asseoir la légitimité des réformes, donner un cap clair à une population en quête de repères et tuer la crise dans l’œuf par la transparence et l’anticipation.

Un ministère qui sait faire son travail sature l’espace public d’informations fiables, vérifiables et proactives. Les fake news n’y trouvent aucun espace pour proliférer. Si ce ministère se fait systématiquement déborder par des montages internet amateurs, c’est qu’il est défaillant depuis le premier jour. Son incapacité à devancer l’actualité crée le vide informationnel dans lequel s’engouffrent la désinformation et la rumeur.

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Mais le pire était à venir. Face à sa propre incompétence à gérer l’espace numérique par l’intelligence collective et la stratégie informationnelle, la seule réponse trouvée est la coercition. Envisager une loi pour réguler et contrôler Facebook à Madagascar en prenant pour modèles déclarés la Chine et la Corée du Nord n’est pas seulement une insulte à l’histoire démocratique du pays. C’est l’aveu flagrant d’une nullité crasse.

Citer des dictatures hyper-autoritaires comme références absolues prouve que ce ministère est incapable d’articuler la moindre vision moderne. Faute de savoir convaincre, on veut museler. Faute d’idées, on veut censurer. C’est la marque des dirigeants inaptes, dépassés par les outils de leur époque et dangereux pour les libertés publiques.

Quel est le vrai bilan ?

Qu’a fait réellement ce ministère pour la communication ? Rien. Il confond les médias d’État avec ses canaux de propagande personnels et réduit son rôle à celui d’une cellule de crise passive.

La Refondation voulait rebâtir l’État ; son ministère de la Communication est en train de saboter sa crédibilité. À force de courir après les rumeurs et de fantasmer sur les méthodes de Pyongyang, ce ministère démontre chaque jour qu’il est le maillon faible, le point mort d’un gouvernement qui ne sait plus comment parler à son peuple et qui finira, logiquement, par prêcher dans le désert.

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