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Le Journal de l'île Rouge
Edito

Édito : Forces de l’ordre, le prix sanglant de vos 500 Ariary

La gazette de la grande île
26/07/20262 minute read

C’est une scène devenue banale sur nos routes : un billet de 500 ou 1 000 Ariary glissé discrètement à un barrage. Policier ou gendarme, peu importe le képi, la consigne semble la même : payer pour passer. Mais ce que certains qualifient de simple « pièce pour le café » est en réalité le moteur d’un système pourri jusqu’à l’os, dont la population paye aujourd’hui le prix fort.

Pour 500 Ariary, c’est le silence et l’aveuglement qu’on achète. Surcharges criminelles des taxi-brousses, camions hors horaires, bus en infraction permanente ou véhicules épaves validés par des visites techniques de complaisance : la loi se brade à la pièce de monnaie, transformant nos axes routiers en danger public.

Le bilan est sans appel : à force de fermer les yeux pour des sommes dérisoires, les forces de l’ordre ont bradé leur propre autorité. Face à un uniforme qui s’achète au tarif d’un beignet, les criminels ne ressentent plus la moindre crainte. L’impunité s’est installée, l’insécurité est devenue ingérable, et le chaos finit par se retourner contre ceux-là mêmes qui étaient censés maintenir l’ordre.

L’uniforme doit incarner la protection de la Nation, non un racket quotidien. Il est urgent que nos forces de sécurité mesurent l’impact de leurs actes : chaque billet accepté est un renoncement de plus à la sécurité de tous.

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