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Le Journal de l'île Rouge
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JIRAMA, 666 milliards ariary de pertes en 2022. Fatidique et prémonitoire?

La gazette de la grande île
07/07/20238 minute read

Selon les chiffres publiés sur le site du ministère de l’énergie et des hydrocarbures, la Jirama a perdu 666 milliards pour l’année 2022  https://meh.mg/wp-content/uploads/2023/06/Etats-Financiers-AVANT-AUDIT-2020-2021-et-2022.pdf . Signe du destin sur le sort de la Jirama ?
Fâcheuse coïncidence avec le chiffre du diable selon Apocalypse 13 :18 « Il faut ici de la sagesse. Que celui qui a de l’intelligence déchiffre le nombre de la bête, car c’est un nombre d’homme. Son nombre est 666« .
Face au « Mystère izany zanako » (C’est un mystère, mon fils) comme réponse à l’inexplicable de certains curés aux profanes, ou aux questions sur la signification de ce nombre 666, les mathématiciens nous éclairent sur quelques propriétés particulières de ce nombre « mystérieux ». Ainsi par exemple:
-la somme des nombres entiers de 1 à 36 est égale à 666
-Ce nombre s’écrit DCLXVI en chiffres romains. Six des sept chiffres romains apparaissent en ordre décroissant une et une seule fois ; seul le M n’apparaît pas.
Bien plus, si on donne à chaque lettre romaine neuf fois son rang dans l’ordre alphabétique, on obtient : 9 X (4 + 3 + 12 + 24 + 22 + 9) = 666. Avec ces mêmes valeurs, on a trouvé que GUERRE = 9 X (7 + 21 + 5 + 18 + 18 + 5) = 666
Les lecteurs intéressés par les récréations mathématiques peuvent trouver d’autres propriétés de ce nombre 666 sur le site http://www.recreomath.qc.ca/dict_bete_n.htm .

En 2017, la sélection d’un DG de redressement sous la houlette de la Banque Mondiale était menée par le cabinet canadien SG Group.  97 candidats avaient postulé pour le poste et Aimé Olivier Jaomiary s’était distingué,  selon le PCA de l’époque Hyacinthe Befeno Todimanana, avec derrière lui plusieurs années d’expériences dans le redressement et l’organisation d’une société de télécommunication multinationale. Il avait donc obtenu le poste.

Valse de dirigeants

« Miova sata, miova andriana » (Nouveau souverain, autres coutumes) :
-Dès février 2019, le décret de nomination du PCA Hyacinthe Befeno Todimanana avait été abrogé.
 -Début août 2019,  le DG adjoint chargé des opérations Henri Randriamanana avait démissionné et avait été remplacé par Albert Ravelojaona, un des cadres initiateurs de l’IEM comme Vonjy Randriamanga ou Andry Ramaroson devenus ministres de l’énergie.
-Mi-août 2019, Jaomiary est limogé sans aucune explication. Bye bye la continuité de l’Etat !
Le conseil des ministres de l’époque a demandé la mise en place d’un audit organisationnel et financier, diligenté par le trio Cour des Comptes- Cabinet privé- Inspection Générale de l’Etat.
Un composé de pilotage composé de représentants de la présidence, de la primature et du ministère de l’énergie avait été mise en place.
-Fin septembre 2019, l’expert-comptable Solo Andriamanampisoa avait été nommé nouveau PCA de la Jirama.
-Décembre 2019, Vonjy Andriamanga avait été limogé de son poste de Ministre de l’énergie, remplacé par Andry Ramaroson ex DG de l’énergie. Il fut recyclé comme DG de la Jirama, mais limogé dès octobre 2021.
-Le DGA Rivo Radanielina assurait alors l’intérim pendant un certain temps avant de disparaître. Il figurait déjà parmi les candidat sélectionnés par le cabinet canadien SG Group, contrairement à Vonjy Andriamanga.
-34 directeurs avaient été déférés en novembre 2021 devant le PAC , et 3 d’entre eux ont été incarcérés pour détournement de fonds.
-2 directeurs assurent actuellement l’intérim à la tête de la Jirama.

En août 2020, guerre déclarée entre Vonjy et Solo

Quels résultats ?

L’expert-comptable PCA Solo est nommé ministre de l’énergie, et on recommence la sélection d’un « manager de redressement ».
C’est de la folie, dirait Einstein, « Faire toujours la même chose et s’attendre à un résultat différent ! »

La Gazette ne prétend pas être aussi calée que le PCA-ministre de l’énergie Solo, mais elle sait lire : Dans les états financiers publiés par Solo,
-Le chiffre d’affaires de l’année 2022 est de 852 milliards ariary, pour une consommation de 1 812 milliards ariary soit plus du double du chiffre d’affaires. On avait appris dans les classes primaires que Bénéfice = Prix de vente moins Prix de revient, et on comprend que Jirama perd plus que son chiffre d’affaires.
L’Etat impose le prix de vente de l’électricité et le DG n’en est pas responsable. Et le recrutement d’un DG, manager de redressement soit-il, n’y changera rien. C’est le régime qu’il faut changer par un régime courageux capable de prendre des décisions impopulaires.

Quelle était la situation de la Jirama fin 2009 ?
-Les capitaux propres de la Jirama sont négatifs de 2 441 milliards ariary à fin 2022.
-En page 58 du rapport de la Cour des Comptes 2017,  https://www.csi.gov.mg/cour-des-comptes-rapport-public-2017/ , on peut lire :
-Pendant l’année 2009, la Jirama faisait encore un bénéfice d’exploitation de 54 milliards ariary et un bénéfice financier de 10 milliards ariary qui provenait certainement d’une trésorerie largement positive !
Telle était la Jirama dont Rajoelina Métisse avait hérité en 2009 !

Quelles solutions ?

Rajaonarimampianina, même s’il avait imprudemment avancé en claironnant pendant sa campagne électorale qu’il allait résoudre en 3 mois les problèmes de la Jirama , s’était rattrapé. Ce vrai expert-comptable avait compris que la seule solution pérenne était de baisser les coûts de production et il avait négocié les projets hydro électriques Sahofika et Volobe qui auraient déjà dû démarrer en 2019. Les prix de cessions de l’électricité de ces 2 projets étaient de l’ordre de 7 cents par KWH, à comparer au prix de vente moyen de la Jirama de 15 cents par KWH et au prix de revient moyen de 30 cents le KWH. 
Hélas, c’était sans compter sur l’incompétence de Rajoelina Métisse, de Solo son expert-comptable et de George Perceau son spin doctor ! Les travaux de Volobe vont peut-être enfin pouvoir commencer (5 années de perdues) et on va encore devoir chercher le remplaçant d’Eiffage pour Sahofika.

D’une part, il va falloir restaurer la trésorerie de la Jirama (il faut payer comptant le carburant). Certes, on connaît l’aptitude de Rajoelina Métisse à mentir, d’où son autre surnom Ranilainga.
Mais ne mentons plus aux électeurs, il va falloir se résoudre à doubler pratiquement le tarif Jirama en attendant une baisse du prix du baril de pétrole, si le Trésor ne veut plus verser de subvention à la Jirama. Et c’est ce qui résume le bilan de la politique énergétique émergente de Rajoelina Métisse et de ses sbires.

666 milliards ariary de pertes ! Cela est-il prémonitoire de la fin de la Jirama ? Ou bien la Jirama est-elle frappée du sceau de la « Bête » ?
Touchons du bois !

  • Extrait du compte rendu du conseil des ministres du 28 juin 2023

Au vu de la grande crise que traverse actuellement la société JIRAMA, le Conseil des Ministres a approuvé la finalisation du processus de recrutement d’un expert qui s’occupera du redressement urgent de la société JIRAMA.
Cet expert aura le poste de « manager de redressement », c’est-à-dire qu’il mettra tout en œuvre pour résoudre la crise dans le mode de gestion au sein de cette entreprise dans un délai limité.
Depuis avril 2023, un cabinet de recrutement international, financé par la Banque Mondiale dans le cadre du projet LEAD (Least Cost Electricity Access Development), a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour trouver cet expert localement et également à l’international. Le 24 mai 2023 était la date limite de réception des candidats qui ont souhaité prendre en charge ce poste stratégique au sein de la société JIRAMA, 19 d’entre eux ont répondu et seuls 5 d’entre eux sont malagasy. 13 critères ont été définis pour sélectionner les candidats selon compétences requises, donc après application des critères, il ne restait que 6 candidats. Après un entretien qui constituait l’étape suivante, seuls 4 candidats, qui ont des connaissances techniques et des compétences en gestion et une longue expérience passée dans la réhabilitation d’entreprises en difficulté comme la JIRAMA, et qui connaissent bien la situation à Madagascar, ont été retenus. Le cabinet de recrutement passera à l’étape suivante, où des critères de sélection très élevés seront fixés concernant le plan de reconstruction de la société pour que le candidat fasse une proposition, ses compétences en leadership et en gestion et des tests de personnalité.
Seuls 2 candidats resteront et seront présentés au Conseil des Ministres pour prendre
une décision dans un bref délai. Le principal objectif dans l’urgence est de pouvoir mettre
un terme aux coupures de courant récurrentes qui frappent aujourd’hui de nombreux
foyers malagasy.

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