Faisons mieux, faisons plus, faisons vite et faisons différemment.
Madagascar a récemment bénéficié du Forum de la coopération sino-africaine de 2024. Lors de sa rencontre avec le Président Andry Rajoelina, le Président de la République populaire de Chine, Xi Jinping, a annoncé l’octroi d’un budget de 200 millions de yuans pour soutenir divers projets de développement à Madagascar. Ces initiatives comprennent la fourniture d’énergie verte, la construction d’infrastructures de transport et la production de riz hybride. L’objectif est de faire de Madagascar le grenier à riz de l’océan Indien et de permettre au pays d’atteindre l’autosuffisance alimentaire.
Cependant, jusqu’à présent, les engagements internationaux de Madagascar semblent souvent ad hoc et mal structurés, reposant sur une diplomatie économique floue. Il est donc légitime de se poser la question suivante : cette diplomatie ne devrait-elle pas être plus stratégique et mieux organisée ? Dans le contexte actuel des relations internationales, une consultation publique plus large et un engagement collectif à grande échelle seraient plus bénéfiques pour Madagascar. Cette approche permettrait d’établir une plus grande transparence dans les accords signés avec les partenaires internationaux, tout en garantissant que les intérêts nationaux passent avant les intérêts individuels. Elle faciliterait également un suivi renforcé et indépendant des engagements, permettant d’identifier les problèmes et les domaines à améliorer, tout en veillant à ce que les bénéfices profitent à la majorité des Malagasy. Le peuple réclame justement une plus grande participation et davantage de responsabilité dans la gestion des partenariats internationaux.
Il est crucial de rappeler que Madagascar traverse actuellement une période critique.
1. Les relations internationales évoluent dans un monde hautement interconnecté, où les tensions géopolitiques influencent les priorités des pays développés, qui privilégient désormais leur sécurité économique. La politique de coopération des pays riches a ainsi changé de paradigme, adoptant une nouvelle approche géopolitique. Ce ne sont plus les besoins ou les attentes des pays en développement qui priment, mais les intérêts économiques des puissances. Ces dernières privilégient désormais les dialogues économiques aux valeurs traditionnelles telles que la démocratie ou l’état de droit.
2. Madagascar, de son côté, est toujours marqué par l’instabilité post-pandémique et doit faire face aux conséquences économiques d’une dette insoutenable, avec un risque croissant de mouvements sociaux. À cela s’ajoute un contexte international défavorable, où un dollar américain fort et des taux d’intérêt élevés compliquent le service de la dette Malagasy. De plus en plus de voix s’élèvent pour réclamer équité, justice et transparence, y compris dans les relations entre le gouvernement Malagasy et les puissances extérieures. Parallèlement, les institutions internationales, comme celles de Bretton Woods, exercent des pressions sur le gouvernement Malagasy pour qu’il améliore sa gouvernance et entreprenne des réformes visant à renforcer l’économie nationale à travers une gestion plus rigoureuse et transparente des ressources.
Jusqu’à présent, les accords bilatéraux entre Madagascar et les puissances étrangères ont principalement résulté de dialogues entre États, malgré les déclarations d’intention en faveur d’une politique économique inclusive. N’est-il pas temps d’élaborer une stratégie véritablement inclusive, impliquant la société civile et le secteur privé, pour définir la politique de Madagascar à l’égard des puissances extérieures ? Un tel cadre renforcerait l’appropriation de la diplomatie par les acteurs locaux et les citoyens Malagasy, tout en maximisant l’impact des initiatives de coopération économique avec les grandes puissances.
En somme, Madagascar a besoin d’une stratégie d’engagement international plus cohérente, avec une transparence accrue, une sensibilisation de l’opinion publique, et une participation citoyenne renforcée. Une approche proactive dans la gestion des partenariats étrangers pourrait contribuer à une croissance plus durable et inclusive.
Le développement de Madagascar dépendra uniquement des efforts de chaque Malagasy. C’est par la sueur et le travail de la majorité que le pays se développera. Dès lors, les relations avec les partenaires extérieurs doivent être gérées avec cette vision nationale claire, guidée par l’intérêt collectif du peuple Malagasy.





