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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Monsieur le Préfet, qui trouble réellement l’ordre public ?

La gazette de la grande île
11/11/20243 minute read

Lors d’une récente conférence de presse, entouré de hauts gradés des forces de l’ordre, vous avez réaffirmé fermement votre position : « Nous condamnons toutes formes de trouble à l’ordre public. » Une déclaration forte, appuyée par une démonstration de force, pour dissuader ceux qui oseraient élever leur voix pour défendre leurs droits, rappelant que toute contestation serait sévèrement réprimée.

Pourtant, nous sommes d’accord sur un point essentiel, Monsieur le Préfet : l’ordre public est crucial. Dans cette optique, il est essentiel de prendre des mesures contre ceux qui le troublent. Mais, si l’on regarde bien, qui trouble véritablement l’ordre public aujourd’hui à Antananarivo ? Est-ce la population excédée par des conditions de vie insoutenables ? Ou bien, est-ce ceux qui, malgré les promesses répétées, sont incapables d’assurer des services de base tels que l’eau et l’électricité ?

À 18h, l’insécurité s’intensifie, une conséquence directe de l’obscurité laissée par des quartiers entiers plongés dans le noir à cause des coupures de courant incessantes. Des travailleurs fatigués rentrent chez eux dans des rues mal éclairées, exposés aux dangers. Le manque d’électricité et d’eau, bien plus qu’une simple nuisance, devient une menace pour la sécurité et la survie quotidienne des citoyens.

L’ordre public sera rétabli lorsque les responsables auront pris les décisions nécessaires pour que la population retrouve une vie normale, stable et sécurisée.

 

Prenons les femmes et les hommes de notre capitale qui, pour avoir un seau d’eau, se lèvent à deux (2) heures du matin, chaque goutte comptant pour la journée entière. De l’autre côté, des entreprises luttent pour survivre. Les pertes sont énormes : marchandises perdues, appareils endommagés, investissements réduits à néant, et avec eux, des emplois qui disparaissent. Nous assistons impuissants à l’effondrement de notre économie, de notre santé publique, et de notre cohésion sociale.

Alors, oui, Monsieur le Préfet, l’ordre public est troublé, mais pas par ceux que vous menacez de répression. Ceux qui se battent pour leur droit à une vie digne, à un accès à l’eau et à l’électricité, ceux-là ne sont pas les fauteurs de trouble. La responsabilité incombe avant tout à ceux qui, comme Andry Radomelina, ont promis depuis des années de résoudre ces problèmes et qui n’ont pas tenu parole.

Nous sommes d’accord avec vous, Monsieur le Préfet : des mesures doivent être prises. Mais pas contre ceux qui revendiquent leur droit de vivre dans des conditions décentes. Ces mesures devraient viser à tenir les promesses faites, à mettre un terme aux coupures incessantes, et à restaurer les services publics essentiels. L’ordre public sera rétabli lorsque les responsables auront pris les décisions nécessaires pour que la population retrouve une vie normale, stable et sécurisée.

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