Une vingtaine de chefs d’entreprise accompagneront le président français lors de sa tournée dans l’océan Indien. À quinze jours du départ, « Africa Intelligence » dévoile les noms d’une partie des participants confirmés à ce stade.
Publié le 08/04/2025 à 4h40 GMT Lecture 4 minutes
Emmanuel Macron et Andry Rajoelina à l’Élysée, à Paris, le 26 juillet 2024.
Emmanuel Macron et Andry Rajoelina à l’Élysée, à Paris, le 26 juillet 2024. ©️ Xose Bouzas/Hans Lucas via AFP
Pendant son court séjour à Antananarivo, du 22 au 24 avril, le chef de l’État français Emmanuel Macron sera talonné par une délégation « business » pilotée par Medef International.
La plupart des entreprises invitées sont déjà à pied d’œuvre à Madagascar. C’est le cas de l’armateur CMA CGM, dirigé par Rodolphe Saadé, avec sa filiale locale CMA CGM Madagascar. La société est présente sur l’île depuis plus de trente ans. Elle est actuellement la seule compagnie maritime à offrir des services au départ ou à destination des sept ports nationaux que compte le pays (Tamatave, Vohémar, Nosy Be, Ehoala, Majunga, Tuléar et Diego-Suarez).
Un représentant du fonds français Meridiam, présidé par Thierry Déau, et qui est actionnaire à 65 % du consortium Ravinala Airports (le gestionnaire des aéroports internationaux d’Ivato à Antananarivo et de Nosy Be), fera partie de la délégation. Outre Meridiam, Thierry Déau préside également le groupe Suez, spécialisé dans la gestion de l’eau et des déchets, et ce, depuis le départ de Sabrina Soussan en décembre 2024. Il pourrait venir en tant que représentant des deux entités, le groupe Suez ayant répondu favorablement à l’invitation de Medef International.
Édouard Dovillaire, le directeur international des ventes de la société grenobloise Poma, spécialisée dans la fabrication de systèmes de transport par câble, sera de la partie. Poma a construit, en groupement avec Colas Madagascar, filiale du groupe Bouygues, le téléphérique d’Antananarivo, un projet à 152 millions d’euros (AI du 08/10/24). Poma est actuellement en lice sur un appel d’offres pour en assurer l’exploitation, un sujet sur lequel le président malgache, Andry Rajoelina, peine à trancher (AI du 17/06/24).
Xavier Niel pressenti
Sogea-Satom, filiale de la major française du BTP Vinci, sera aussi représentée. La société a été un temps positionnée sur le barrage d’Antetezambato (140 MW, centre du pays), qu’elle avait cependant dû quitter face à l’inflexibilité du conseiller spécial d’Andry Rajoelina, Gérard Perceau, sur les coûts de l’infrastructure (AI du 01/03/23).
Depuis deux ans, Sogea-Satom et Colas Madagascar n’ont remporté aucun des appels d’offres portant sur la construction des routes du pays. Des entreprises chinoises leur ont en effet damé le pion (AI du 17/10/24).
L’homme d’affaires Xavier Niel, qui a ouvert un campus de son École 42 à Antananarivo en partenariat avec le multimillionnaire Hassanein Hiridjee (Axian), serait, lui aussi, pressenti pour faire partie de la délégation.
Par ailleurs, le géant de l’imprimerie IN Groupe (ex-Imprimerie nationale, Agnès Diallo), le groupe de conseil, d’ingénierie et d’exploitation Egis (Laurent Germain), l’entreprise de télécommunications Orange (Christel Heydemann), l’ingénieuriste Artelia (Benoît Clocheret) et le groupe français Thomson Broadcast (détenu par le milliardaire Ylias Akbaraly à travers sa holding Redland, maison mère de son conglomérat Sipromad) ont confirmé leur venue à Madagascar dans le cadre de la visite présidentielle.
Voyage éclair à Mayotte
IN Groupe n’a pas de filiale à Madagascar mais avait déjà ferraillé pour obtenir le marché des visas en partenariat avec Sipromad (AI du 23/04/21). Egis dispose d’une filiale à Antananarivo, la société Egis Inframad, dirigée par Francis Ramiaramanana.
Pressenti depuis plus d’un an pour rejoindre la Compagnie générale d’hydroélectricité de Volobe (CGHV), consortium chargé du projet de barrage sur le fleuve Ivondro (600 millions d’euros), le groupe EDF n’a pas encore donné de réponse.
Après une longue ratiocination en coulisses, les étapes du voyage éclair d’Emmanuel Macron dans l’océan Indien ont dernièrement été définies par le Quai d’Orsay. Le chef de l’État français devrait séjourner à La Réunion du 19 au 22 avril, passer ensuite une demi-journée à Mayotte, avant de s’envoler depuis La Réunion vers Madagascar où il demeurera jusqu’au 24 avril. Le 25, la visite d’Emmanuel Macron se terminera par l’île Maurice où il restera une journée.
En plus d’Antananarivo, la délégation de Medef International accompagnera le président à Port-Louis, où un forum d’affaires avec l’Economic Development Board Mauritius (EDBM) est prévu en début d’après-midi.
Une cérémonie ajournée in extremis
Outre des chefs d’entreprise, la délégation française comprendra les ministres Rachida Dati (culture), Manuel Valls (outre-mer), Thani Mohamed-Soilihi (francophonie) et Laurent Saint-Martin (budget et comptes publics). Huguette Bello, la présidente de la région Réunion, sera présente également.
Rachida Dati s’est fortement impliquée dans le processus de restitution des reliques royales malgaches (AI du 28/03/25), dont elle présidera la cérémonie de remise en août 2025, à Paris, en compagnie de son homologue malgache Volamiranty Donna Mara. Initialement prévue le 14 avril, cette restitution a été ajournée in extremis, d’après un communiqué du ministère de la Culture malgache publié le 5 avril.
Le programme d’Emmanuel Macron à Madagascar est encore, à ce stade, en cours de réflexion, mais une séquence au palais royal du Rova, qui surplombe la capitale, serait déjà à l’agenda.





