Imaginez un pays qui, aprĂšs des dĂ©cennies de colonisation, de coups dâĂtat et de crises politiques, se tourne Ă nouveau vers son ancienne puissance coloniale pour former ceux qui sont censĂ©s protĂ©ger son prĂ©sident. Ironie du sort ou aveu de faiblesse ? Madagascar, nation souveraine en thĂ©orie, mais en pratique, toujours sous lâombre de la France.
Fin mai 2025, la France et Madagascar ont renforcĂ© leur coopĂ©ration militaire Ă travers une mission de formation menĂ©e par le 2e RĂ©giment de parachutistes dâinfanterie de marine (2e RPIMa), basĂ© Ă La RĂ©union. Des instructeurs français ont entraĂźnĂ© deux unitĂ©s malgaches sensibles : la garde prĂ©sidentielle, chargĂ©e de la protection rapprochĂ©e du chef de lâĂtat, Andry Rajoelina, et le 1er bataillon parachutiste (1er BATPARA), en train de constituer un groupe dâintervention spĂ©cialisĂ© (GRIP). Les dĂ©tails restent flous, volontairement. LâarmĂ©e française confirme son implication via les FAZSOI (Forces armĂ©es de la zone sud de lâocĂ©an Indien), mais Ă©vite les prĂ©cisions. Pourquoi tant de discrĂ©tion ? Parce que lâhistoire a montrĂ© que la prĂ©sence dâĂ©trangers dans la sĂ©curitĂ© prĂ©sidentielle malgache a toujours suscitĂ© des tensions. Sous Hery Rajaonarimampianina, le Français Houcine Arfa avait fait polĂ©mique. Sous Marc Ravalomanana, des mercenaires sud-africains avaient Ă©tĂ© employĂ©s. Aujourdâhui, la France reprend ce rĂŽle, mais est-ce vraiment une bonne nouvelle ?
Pendant que le Mali, le Niger, le Burkina Faso, le Tchad et mĂȘme le SĂ©nĂ©gal se battent pour chasser lâinfluence militaire française, Madagascar, lui, ouvre grand les bras. Et qui est au pouvoir ? Un prĂ©sident franco-malgache. Comment peut-on prĂ©tendre aimer un pays tout en gardant une Ă©chappatoire ? Comment peut-on jurer de servir un peuple tout en ayant un pied ailleurs ? Le PrĂ©sident centrafricain Faustin-Archange TouadĂ©ra lâavait si bien dit : « On ne peut pas gouverner un peuple en appartenant Ă une autre nation. »
Madagascar a Ă©tĂ© pillĂ©, humiliĂ©, trahi par des dirigeants qui avaient toujours une porte de sortie : une autre nationalitĂ©, un compte offshore, une villa en Europe. Pendant que les enfants mendient dans les rues, que les terres sont vendues Ă des multinationales, que les hĂŽpitaux manquent de mĂ©dicaments, oĂč sont ces dirigeants ? Loin. ProtĂ©gĂ©s. Ă lâabri. La corruption Ă Madagascar nâest pas un accident, câest une stratĂ©gie. Comment un prĂ©sident peut-il lutter contre le vol des ressources sâil a lui-mĂȘme des intĂ©rĂȘts Ă lâĂ©tranger ? Comment peut-il punir les trafiquants sâil est, en secret, liĂ© Ă leurs rĂ©seaux ? Impossible. Ces dirigeants Ă double allĂ©geance ne sont pas des patriotes, ce sont des mercenaires. Leur vĂ©ritable patrie nâest pas celle quâils prĂ©tendent servir, mais celle qui les protĂšge quand tout sâeffondre.
Madagascar a dĂ©jĂ trop souffert. Trop de sang, trop de trahisons. Un vrai leader doit ĂȘtre liĂ© Ă son peuple par le mĂȘme destin. Pas de nationalitĂ© de secours. Pas de plan B. Les pays qui rĂ©ussissent sont ceux oĂč les dirigeants nâont pas dâĂ©chappatoire. OĂč trahir le peuple signifie se trahir soi-mĂȘme. Madagascar mĂ©rite mieux. Il mĂ©rite des prĂ©sidents qui disent : « Je suis Malagasy, et seulement Malagasy. Ma vie pour ce pays, sans compromis. » Le reste nâest quâillusion. Le reste nâest que trahison.
Vous savez quoi ? Jâaime Madagascar. Ses paysages, sa culture, son peuple rĂ©silient. Et les femmes malgaches ? Dâune beautĂ© et dâune grĂące incomparables. Si lâoccasion se prĂ©sentait, je nâhĂ©siterais pas Ă en faire mon Ă©pouse. Mais avant tout, je souhaite Ă ce pays des dirigeants dignes, entiers, et totalement dĂ©vouĂ©s Ă sa grandeur. Parce que Madagascar mĂ©rite bien plus que ce quâon lui offre aujourdâhui. La question reste : Qui, parmi ses dirigeants, est prĂȘt Ă brĂ»ler ses vaisseaux pour le servir vraiment ?
Ă trĂšs vite đ„
#đđđđąđĄ
#MADAGASCAR đČđŹ : COOPĂRATION MILITAIRE FRANCO-MALGACHE : UNE COLLABORATION STRATĂGIQUE OU UNE DĂPENDANCE DĂGUISĂE ?
La gazette de la grande Ăźle
18/06/2025•4 minute read

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