Quand il s’agit de faire le show devant les caméras, Raholdina ne rate jamais une occasion. Langue bien pendue, regards provocateurs, ton autoritaire : l’homme brille par sa présence… à la télévision. Mais dès qu’il s’agit de faire face au peuple, le lion du plateau devient le rat des rues. Invisible, muet, peureux. Un trouillard notoire.
Dernière démonstration en date : ses propos absurdes, prononcés avec aplomb devant les caméras, au sujet des délestages électriques qui mettent à mal les foyers malgaches. « Ce n’est pas la faute de l’État si les aliments pourrissent dans les frigos. Les gens n’ont qu’à ne pas conserver leurs aliments ! », a-t-il osé déclarer, sans ciller. Un raisonnement d’une bêtise abyssale, déconnecté de la réalité, méprisant à souhait.
Car pendant que le petit peuple fait la queue pour un kilo de riz, pendant que les mères pleurent des plats avariés faute d’électricité, Raholdina joue les durs en studio, planqué derrière ses écrans, entre deux grimaces de suffisance. Mais dès que le terrain l’appelle, dès que les citoyens – ou pire encore, des travailleurs en colère – réclament sa présence, c’est silence radio. Plus personne. Disparu.
Aujourd’hui, ce sont les employés de la Jirama qui réclament un dialogue direct avec lui, en pleine grève. Mais l’homme fort des plateaux n’a pas daigné se montrer. Il évite soigneusement tout affrontement, tout échange réel, toute prise de responsabilité. Bref, il fuit. Comme un lâche. Comme un peureux.
On pourrait s’en amuser s’il ne s’agissait pas d’un élu de la République. D’un représentant du peuple. D’un homme censé porter la voix de ceux qui n’en ont pas. Mais voilà, Raholdina préfère crier dans le vide que d’écouter dans la foule.
Un homme courageux parle en face. Un trouillard parle à distance. Et Raholdina, lui, parle trop… mais ne répond jamais.






