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Le Journal de l'île Rouge
Société

Retour au calme à la Jirama : que s’est-il vraiment dit à huis clos ?

La gazette de la grande île
21/07/20253 minute read

La récente grève générale initiée par les représentants syndicaux de la Jirama a une nouvelle fois mis en lumière un schéma tristement familier dans le paysage social malgache : une contestation bruyante, suivie d’une rencontre à huis clos avec une haute personnalité de l’État, puis, comme par enchantement, un retour au calme en moins de 24 heures. Cette fois encore, le scénario s’est répété avec une efficacité déconcertante.

Au cœur du mouvement : le nouveau statut envisagé pour la société d’État Jirama, censé amorcer un redressement tant attendu de cette entreprise publique en grande difficulté. Craignant des licenciements massifs ou une privatisation déguisée, les syndicats ont lancé un mot d’ordre de grève générale. Une mobilisation massive des employés a suivi, paralysant temporairement plusieurs services.

Mais très vite, les choses se sont apaisées. Une rencontre à huis clos s’est tenue entre les représentants syndicaux et Andry Rajoelina. À la sortie, le chef de l’État a adopté un ton rassurant : « Il n’est pas question de réduire les effectifs », a-t-il déclaré. Il a ainsi voulu calmer la colère des agents en affirmant que les emplois seront maintenus, malgré les ajustements du nouveau statut.

Cependant, des informations officieuses jettent une ombre sur cette « réconciliation express ». Un employé de la Jirama, souhaitant garder l’anonymat, affirme que les représentants syndicaux auraient reçu une généreuse somme d’argent en échange de leur silence et de leur collaboration pour apaiser les tensions. Le montant évoqué : environ 2 milliards d’ariary, à partager entre les différents responsables syndicaux impliqués dans la négociation.

Selon cette source, l’argent aurait servi à « faire taire les voix discordantes » et à convaincre la base de reprendre le travail sans poser davantage de questions. Une pratique qui, si elle se confirmait, poserait de sérieux problèmes éthiques et démocratiques dans la gestion des conflits sociaux à Madagascar.

Cette affaire, encore non confirmée officiellement, soulève des interrogations légitimes : les manifestations syndicales sont-elles encore motivées par des revendications sincères, ou deviennent-elles un simple moyen de pression pour obtenir des compensations financières en coulisse ? Et surtout, qui paie réellement la facture de ces arrangements secrets ?

Face à ces accusations graves, une transparence totale s’impose. La Jirama, tout comme la présidence, n’a pour l’instant fait aucun commentaire sur ces allégations.

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