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Le Journal de l'île Rouge
Economie

Bientôt le Sommet de la SADC : Madagascar à genoux, pouvoir en limousine. Parallèlement, la Chine s’achète l’influence.

La gazette de la grande île
24/07/20253 minute read

La Chine est devenue le premier partenaire commercial de Madagascar, représentant 15,4 % du commerce extérieur de la Grande Île, légèrement devant la France (14,5 %). Les entreprises chinoises sont solidement implantées dans le pays, notamment dans des secteurs stratégiques tels que le BTP, les mines, les produits de rente, l’agro-industrie et le textile. Elles se positionnent fréquemment sur des projets d’envergure, souvent financés par l’Exim Bank de Chine et Les Banques multinationales (Banque mondiale, BAD…)

Mais au-delà des relations économiques, Pékin déploie une stratégie d’influence bien rodée. Pour renforcer sa présence, la Chine a récemment offert seize limousines de luxe au gouvernement Malagasy — un geste qui dépasse largement la simple courtoisie diplomatique. Dans un pays confronté à des défis sociaux et économiques immenses, cette « donation » illustre une forme moderne de diplomatie du don, où les faveurs matérielles servent à acheter une loyauté politique.

Le président Andry Rajoelina, loin de défendre une souveraineté nationale solide, accueille ces cadeaux avec enthousiasme. Pour lui, c’est une occasion de renforcer son autorité intérieure et d’amplifier son image sur la scène régionale, notamment en prévision du prochain sommet de la SADC, prévu ce mois d’août à Antananarivo.

Il s’agit d’un troc d’influence politique : d’un côté, la Chine gagne un partenaire docile ; de l’autre, le président malgache obtient du prestige, des moyens de propagande et un soutien stratégique pour asseoir son pouvoir, sans avoir à rendre de comptes à son peuple.

À Madagascar, le pouvoir actuel continue de privilégier l’apparence au détriment des priorités nationales. La réception en grande pompe de ces véhicules, d’une valeur de plus de Deux millibars d’ariary, en est la preuve éclatante.

Il est écœurant de voir une telle mise en scène autour de l’arrivée de voitures de luxe, alors que la majorité des Malgaches vit dans la précarité. Cette scène, orchestrée par la présidence elle-même, démontre que le chef de l’État est davantage préoccupé par son image personnelle et ses ambitions régionales que par la souffrance quotidienne de son peuple.

Derrière l’argument logistique du sommet régional, on découvre une gouvernance fondée sur le spectacle, les privilèges et les alliances opaques.

La stratégie de communication du régime repose sur des gestes spectaculaires plutôt que sur des réformes structurelles. La justice sociale est reléguée au second plan, tandis que les aides internationales, y compris les filets de sécurité financés par les partenaires de développement, deviennent des instruments de fidélisation politique.

Un pays abandonné pour une poignée de privilèges

Il est temps de poser la question : pour qui gouverne réellement Andry Rajoelina ? Pour les Malgaches, ou pour son cercle rapproché et les puissances étrangères qui financent son image ?
Ce don de voitures de luxe n’est pas un simple geste diplomatique. C’est un marché de dupes, une forme contemporaine de corruption d’influence, où les intérêts d’un peuple sont échangés contre du confort présidentiel.

Tandis que les citoyens attendent des réponses concrètes à leurs souffrances, le pouvoir s’égare dans des démonstrations de faste. Madagascar mérite mieux que des illusions de grandeur !

 

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