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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Rajoelina à la tête de la SADC : le Roi du werawera au service d’un trône sans pouvoir

La gazette de la grande île
11/08/20253 minute read

Dans quelques jours, Andry Rajoelina prendra officiellement la présidence tournante de la SADC. Un titre qui, pour certains, sonne comme un honneur. Mais pour Madagascar, ce couronnement diplomatique ne changera rien au quotidien des Malgaches. Pire encore, il ne sera qu’une vitrine soigneusement décorée pour cacher la misère qui règne derrière les rideaux.

La SADC – une organisation censée unir seize pays d’Afrique australe – traîne derrière elle un lourd fardeau : pauvreté, instabilité politique, corruption, crises économiques à répétition. En prendre la tête, c’est certes hériter d’un micro pour parler au nom du bloc, mais c’est aussi porter le visage d’une région en difficulté chronique.

Pour Rajoelina, l’événement est une aubaine : des caméras, des délégations étrangères, des hôtels remplis, et surtout une scène parfaite pour le werawera – cette politique du paraître qu’il maîtrise à la perfection. Routes repeintes à la hâte, bâtiments briqués, drapeaux flambants neufs : tout sera fait pour que les visiteurs repartent avec de belles images. Pendant ce temps, les réalités profondes – insécurité, pauvreté extrême, malnutrition, infrastructures délabrées – resteront soigneusement à l’écart du parcours officiel.

Ce n’est pas la première fois que cette stratégie est utilisée. Rajoelina gouverne comme on prépare un décor de cinéma : on soigne le champ de la caméra, on cache les fissures derrière des panneaux, et on appelle ça du développement. Mais une présidence tournante de la SADC n’apporte ni investissement direct, ni réforme structurelle. Ce n’est qu’un mandat protocolaire d’un an, sans pouvoir sur les politiques des autres États membres.

Pendant que le sommet se déroulera sous les lustres et les discours bien rodés, les Malgaches continueront à faire face aux coupures d’eau, aux délestages, à l’inflation et au chômage. Les millions dépensés pour accueillir l’événement auraient pu être investis dans des projets durables : réhabilitation des hôpitaux, soutien aux paysans, infrastructures scolaires. Mais ce genre de priorité ne brille pas autant qu’un tapis rouge.

La présidence de la SADC par Rajoelina ne sera pas un tournant pour Madagascar. Elle ne sera qu’un nouvel épisode dans la série “Le Roi du werawera”, où l’apparence prend toujours le pas sur la substance.

En fin de compte, ce n’est pas la SADC qui bénéficiera d’un vrai leadership, ni Madagascar qui en sortira renforcé. Ce seront juste des images éphémères, soigneusement cadrées, qui finiront par s’estomper dès que les caméras auront quitté la Grande Île.

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