L’agriculture, pourtant cœur historique de l’économie malgache, est aujourd’hui en recul alarmant. De plus du tiers du PIB dans les années 1990, sa contribution ne dépasse plus 22 % selon la Banque mondiale. Un chiffre qui illustre une réalité préoccupante : Madagascar, pourtant riche en terres fertiles et filières de rente comme la vanille, le cacao ou le litchi, peine à transformer son potentiel en richesse tangible.
Des ambitions creuses et contradictoires
Le régime en place clame vouloir faire de Madagascar le « grenier à riz » de l’océan Indien et atteindre l’autosuffisance alimentaire. Mais cette ambition se heurte à la réalité : plutôt que de soutenir les producteurs locaux, l’État favorise les importations massives de riz, souvent à bas prix. Les paysans, déjà fragilisés, voient leur travail dévalorisé et leurs revenus diminuer. La production locale stagne et l’autosuffisance s’éloigne, tandis que la dépendance aux importations ne cesse de croître.
La plupart des exploitations sont minuscules, souvent inférieures à 1,5 hectare, et manquent de mécanisation, d’intrants et d’infrastructures. La moindre sécheresse, cyclone ou invasion acridienne peut anéantir des mois de travail. Les prix instables des produits de rente aggravent encore la situation. Pendant ce temps, le régime continue de multiplier les programmes inefficaces et les annonces spectaculaires, sans résultat concrets.
Près de huit Malgaches sur dix vivent directement de l’agriculture, et pourtant ce secteur est relégué derrière des services et industries extractives qui croissent plus rapidement. Le recul relatif dans le PIB traduit un échec patent d’une politique agricole incapable de protéger ses producteurs ou de valoriser ses ressources.
Pour relancer réellement l’agriculture, il faudrait accroître la productivité, sécuriser l’accès à la terre, améliorer les infrastructures rurales et développer la transformation locale. Mais le régime semble incapable de prendre ces mesures, préférant les slogans creux aux actions concrètes.
La situation dépasse les simples statistiques : c’est la survie de millions de familles rurales qui est en jeu. Tant que l’État continuera à privilégier les importations au détriment des producteurs locaux, Madagascar restera dépendant, vulnérable et loin de ses ambitions proclamées. Le « grenier à riz » n’est aujourd’hui qu’un mirage, reflet d’une gestion catastrophique et d’une vision politique absente.






