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Le Journal de l'île Rouge
Société

Déficit budgétaire : le « werawera » du régime coûte cher aux Malgaches

La gazette de la grande île
22/09/20253 minute read

L’État malgache a dépensé plus qu’il n’a collecté durant les six premiers mois de 2025. C’est le constat du Fonds Monétaire International (FMI), à l’issue de sa récente mission à Antananarivo dirigée par Constant Lonkeng. Le Chef de mission a affirmé que « les dépenses publiques exécutées sur base engagement ont excédé la collecte des recettes fiscales au cours du premier semestre de l’année ».

Un aveu qui vient confirmer ce que tout le monde pressentait : les caisses publiques souffrent d’une gestion hasardeuse et d’une fuite en avant budgétaire.

Des comptes flous, un rapport inaccessible

Alors que la population attend des explications, le ministère de l’Économie et des Finances reste muet. Le fichier du compte-rendu officiel de l’exécution budgétaire, publié par la Direction générale du Budget sur son site, est inutilisable, car corrompu. Impossible donc de savoir en détail où est passé l’argent des contribuables.

Des projets tape-à-l’œil qui engloutissent des milliards

Ce déficit ne tombe pas du ciel. Le régime multiplie les projets de prestige, baptisés « Manarapenitra » ou présentés comme des symboles de modernité, mais qui se révèlent au final plus coûteux qu’utiles.

  • Le téléphérique, vitrine du régime, continue d’absorber des fonds publics sans générer le moindre retour financier. Pire encore, son coût d’exploitation alourdit les charges de l’État.
  • Le stade Barea, inauguré en grande pompe, nécessite déjà le déblocage de plusieurs milliards d’ariary supplémentaires pour être homologué. Une facture salée qui s’ajoute à un investissement initial déjà colossal.
  • Les EPP et établissements dits “Manarapenitra”, construits sans respecter les normes, témoignent d’une politique davantage tournée vers le paraître que vers l’efficacité durable.

Autant de dépenses qui relèvent davantage du werawera politique que d’une vision économique saine.

Le FMI appelle à la rigueur

Face à ce dérapage, les autorités auraient mis en place des plans de contingence pour tenter de « rester en ligne avec le budget ». Mais le FMI se montre prudent : la véritable évaluation de la performance budgétaire de Madagascar se fera en octobre, lors de la troisième revue de la Facilité élargie de crédit (FEC) et de la Facilité sur la résilience et la durabilité (FRD).

La population en paie le prix fort

Pendant ce temps, la majorité des Malgaches subit de plein fouet la flambée des prix, l’insécurité alimentaire et la dégradation des services publics essentiels. Les milliards engloutis dans le béton et les câbles aériens auraient pu renforcer les hôpitaux, moderniser les écoles ou sécuriser l’approvisionnement en eau et en électricité.

En somme, derrière les discours de modernisation et les inaugurations à répétition, se cache une réalité inquiétante : l’État vit au-dessus de ses moyens, et ce sont les citoyens qui en supportent les conséquences.

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