Amis, famille, frères et sœurs Malagasy,
Il arrive un moment dans la vie d’une nation où le silence n’est plus une option. Un moment où le chuchotement doit se faire cri, et le cri doit devenir un chœur. Ce moment, c’est maintenant.
Trop longtemps, nous avons parlé à voix basse. Pendant des années, nos voix ont été étouffées par la peur, par la répression et l’ombre du « gagazo ». Mais ce chapitre se referme. Depuis le 25 septembre, nous avons commencé à reprendre notre pouvoir, en répondant à l’appel d’Alban Rakotoarisoa et de Clémence Raharinirina. Depuis, nous retrouvons nos voix.
Aux âmes courageuses qui tiennent les premiers rangs, qui sentent le soleil et la tension sur leur peau en manifestants, nous vous voyons. Votre courage est le cœur qui bat au rythme de ce mouvement. Et derrière nos écrans, une armée numérique marche avec vous. Nous sommes les relais, les porteurs de vérité, qui œuvrent sans relâche pour montrer au monde la vraie Madagascar. Votre combat est le nôtre.
Ils nous ont dit que nous étions pauvres. Ils nous ont fait croire que nous manquions de tout. Mais c’est leur plus grand mensonge. Nous ne sommes pas pauvres. Nous ne l’avons jamais été. Nous sommes un peuple d’une richesse immense : par l’esprit, par la culture et par les ressources. Nous avons été appauvris. Nous avons été dépouillés par un système qui traite notre île bien-aimée comme un jeu privé pour une poignée prédatrice.
Andry Nirina Rajoelina et Maminiaina Ravatomanga ont joué avec notre patrie comme si elle leur appartenait à eux seuls. Ils ont vendu notre avenir et ont joué avec la vie de nos enfants. Pour eux, la politique est un outil de profit, la démocratie un slogan et la liberté un mot à écrire puis à effacer.
Mais plus jamais. (Ampy izay, Aok’izay).
Ils ont leurs échappatoires, leurs comptes à l’étranger et leurs doubles nationalités. Eux, ils peuvent partir. Mais nous, nous ne le pouvons pas. Nos racines sont ici. Nos ancêtres sont ici. Nos âmes sont tissées dans cette terre rouge.
Depuis quand l’électricité dans nos foyers est-elle devenue un luxe ? Depuis quand l’eau potable, les soins médicaux ou l’éducation de nos enfants sont-ils devenus des privilèges pour quelques-uns ? Ce ne sont pas des faveurs à accorder ; ce sont nos droits les plus fondamentaux ! La perte de notre dignité prend fin maintenant.
C’est donc à nous, à vous et à moi qu’il incombe de tenir bon. Nous manifestons non-pour le chaos, mais pour nos proches. Nous luttons non-par la violence, mais avec une détermination inébranlable. Nous restons fermes pour les générations futures, pour qu’elles héritent du Madagascar que nous savons possible.
Pendant des années, la corruption a gangréné, empoisonnant la beauté de notre terre. Aujourd’hui, nous commençons la grande purge. Non des personnes, mais de cette maladie. Nous restaurerons le vrai sens de notre société : celle de la communauté, de la dignité et du fihavanana.
Alors que le message résonne dans chaque ville, chaque village et chaque espace numérique : Le combat n’est pas terminé. Nous sommes ici, solidaires et déterminés à vos côtés.
Ceci n’est pas la lutte des vieux contre les jeunes. Il ne s’agit pas de savoir quelle génération mène. Il s’agit de l’unique voix du peuple Malagasy, qui s’élève ensemble pour dire : « Assez, c’est assez. »
Pour Madagascar.
Madagasikara tanindrazantsika.
Mijoroa ho an’ny Tanindrazana !





