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Le Journal de l'île Rouge
Société

Tribune citoyenne : Pour une refondation nationale par la dissolution, l’ouverture et la consultation publique

La gazette de la grande île
07/10/20254 minute read

Madagascar traverse une crise politique et morale profonde. Les institutions, jadis garantes de la stabilité démocratique, se sont peu à peu éloignées de leur mission première : servir le peuple et protéger la République. Le fossé entre les gouvernants et les gouvernés n’a jamais été aussi grand. Face à cette situation, il n’est plus temps de tergiverser ni de maquiller la réalité. Le pays s’effondre, non pas faute de ressources, mais faute de vision, d’éthique et de courage politique.

Les deux chambres parlementaires, devenues symboles d’immobilisme et de compromission, ont perdu leur légitimité. Le peuple ne se reconnaît plus dans ces assemblées où la voix de la majorité des Malagasy est absente. Il est donc nécessaire, dans l’esprit de la Constitution et pour la sauvegarde de la République, que Andry Rajoelina dissolve les deux chambres. Non pas comme un acte de guerre institutionnelle, mais comme un acte de courage et de refondation, ouvrant la voie à un nouveau contrat social.

Le moment est venu de former un gouvernement d’union et d’ouverture, rassemblant toutes les forces vives de la Nation : représentants politiques de tous horizons, acteurs de la société civile, confessions religieuses, organisations de jeunesse et de femmes, opérateurs économiques et leaders communautaires. Ce gouvernement de transition aurait pour mandat limité (6 à 12 mois) de rétablir la confiance, stabiliser le pays, et préparer la grande consultation nationale. Son rôle n’est pas de gouverner pour gouverner, mais de rendre le pouvoir au peuple, dans la dignité et la transparence.

Le pays ne peut se redresser sans une refonte complète de ses institutions. Nous devons écouter le peuple, dans toutes les régions, et recueillir ses aspirations, sur le modèle d’État qu’il souhaite : centraliser ou fédéral, parlementaire ou présidentiel, axé sur la solidarité, la responsabilité et la transparence. Cette consultation nationale serait le socle d’une nouvelle Constitution malgache, écrite avec et pour les citoyens, et non plus pour les intérêts partisans. Un Haut Conseil de Refondation Constitutionnelle pourrait en superviser les travaux, garantissant compétence, indépendance et neutralité.

Tous les acteurs politiques, économiques et sociaux doivent signer un pacte républicain engageant chacun à respecter les résultats du processus de refondation, bannir l’achat de votes et la corruption politique, garantir l’indépendance de la justice et des médias, rendre des comptes sur la gestion des deniers publics. C’est seulement par cet engagement collectif que la République retrouvera son honneur et son autorité morale.

La refondation institutionnelle doit aller de pair avec un plan national de redressement social et économique dont l’autosuffisance alimentaire, la valorisation des femmes et des jeunes, la relance de la production locale, la protection de l’environnement et la création d’emplois durables. Aucun développement n’est possible sans justice sociale, sans éducation citoyenne et sans équité régionale.

Nous n’avons plus besoin de promesses, mais de réparations morales ! Nous n’avons plus besoin de discours, mais de réformes courageuses ! Nous n’avons plus besoin d’hommes forts, mais d’institutions fortes !

Le temps est venu pour Andry Rajoelina d’écouter la voix de la Nation, non plus celle des conseillers politiques, mais celle du peuple. Dissoudre pour reconstruire, ouvrir pour rassembler, consulter pour refonder, voilà la voie de la paix durable, de la justice et de la renaissance malgache.

Madagascar mérite mieux, Madagascar mérite un avenir et cet avenir commence aujourd’hui, par un acte de courage.

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