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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Tsiafahy, la dernière arme politique !

La gazette de la grande île
08/10/20253 minute read

L’ombre du pouvoir de Rajoelina et consorts s’allonge sur les consciences. Ce qui devait être un État de droit s’enfonce très vite dans une dérive où la peur devient méthode du gouvernement, nouvellement nommé. Envoyer les jeunes grévistes, citoyens et contestataires dans la Maison de Force de Tsiafahy n’est pas une mesure d’ordre public, c’est un acte politique, mafieux et totalitaire. Le régime mafieux n’a pas besoin de justice pour punir, ni de dialogue pour convaincre. Il gouverne par l’intimidation, la corruption et la terreur organisée. Il instrumentalise les institutions, détourne les forces de l’ordre de sa mission républicaine et transforme la justice en outil de vengeance. Quand Rajoelina en vient à punir la parole libre, à détourner le droit pour protéger le trône, il cesse d’être un président, il devient le parrain de prédation. La détention arbitraire de citoyens pour avoir exprimé leur opinion constitue une atteinte directe à la liberté de conscience et de manifestation, protégée par la Constitution elle-même.

Mais au-delà du droit, c’est la morale républicaine et le sens même de la citoyenneté qui s’effondrent. Un État qui réprime les siens ne gouverne plus, il règne. Un gouvernement qui réduit au silence la voix du peuple devient l’otage de sa propre peur.

Aujourd’hui, nous n’aspirons plus à la vengeance, mais à la justice. Nous ne demandons pas le chaos, mais la clarté. Et face à cette dérive mafieuse du pouvoir, il appartient à chacun, citoyen, fonctionnaire, militaire, magistrat ou religieux, de se souvenir que servir le peuple n’est pas obéir au tyran. Or cette dérive n’épargne plus personne. Même les vazaha, qu’ils soient investisseurs, résidents ou simples partenaires économiques, se voient désormais pris dans les filets d’un système où payer la “mafia d’État” devient la condition de survie. Ceux qui refusent de s’y soumettre subissent la même logique d’intimidation, de menaces administratives, voire de spoliation. Ainsi, la frontière entre la répression politique et l’extorsion économique s’efface. Ce qui se joue ici dépasse la simple crise malgache : c’est une crise de civilisation, où la corruption remplace la loi et où la peur remplace la confiance.

La France et la communauté internationale doivent clarifier leur position. Car en soutenant tacitement un régime mafieux et répressif, elles prennent le risque que la colère populaire ne fasse plus la différence entre un dirigeant corrompu et ses alliés étrangers. Les Malagasy, lassés des abus et des humiliations, n’aspirent qu’à une déchéance de la nationalité française d’Andry Rajoelina, non contre la France, mais pour sauver la relation d’amitié qui s’effritent entre nos peuples.

Le silence diplomatique devient alors complicité morale. Et l’histoire, comme toujours, saura nommer les lâches et les justes.

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