Il ne faut pas qualifier trop rapidement la situation actuelle de simple coup d’État. Ce qui s’est produit, c’est une élévation de la voix du peuple, soutenue par l’armée et portée par la solidarité de la jeunesse.
Aujourd’hui, depuis l’étranger — on ne sait exactement où — après avoir fui à bord d’un avion militaire de l’ancienne puissance coloniale, Andry Rajoelina tente maintenant de se défendre par le droit. Il affirme que sa destitution par le Parlement est illégale et condamne l’intervention de l’armée.
Pourtant, c’est lui-même qui, une fois au pouvoir, a piétiné les lois et bafoué les fondements de la démocratie malgache.
Il n’y a pas à tergiverser : son attitude actuelle est d’une hypocrisie manifeste. Si l’on observe son passé à la tête de l’État : il a violé les lois, méprisé les droits et les choix du peuple, et fermé les yeux sur la misère grandissante. Et aujourd’hui, il cherche à fuir ses responsabilités et les conséquences de ses actes, tout en se posant en victime.
Soyons clairs, concernant la communauté internationale :
Il est inacceptable que la souffrance du peuple malgache soit encore aggravée par une communauté internationale restée silencieuse, alors que la corruption et les violations de l’État de droit sous le régime Rajoelina étaient pourtant, flagrantes et contraires aux standards démocratiques.
Message important aux dirigeants et aux partenaires de Madagascar :
- Il ne faut pas oublier qu’Andry Rajoelina est arrivé au pouvoir sans élection libre ni transparente. Et ce qu’il a apporté n’est pas le développement promis, mais la corruption, la pauvreté, et l’autoritarisme.
- Il avait promis de transformer Madagascar. Mais la réalité est tout autre : plus de 80 % de la population vit dans la pauvreté, le système éducatif est en ruine, les infrastructures sont délabrées, et les ressources naturelles ont été exploitées au profit de ses proches.
Si la communauté internationale décide de sanctionner Madagascar aujourd’hui, cela reviendrait à nier le droit du peuple malgache de se relever et de reconstruire son pays. Ce serait une hypocrisie profonde, et une forme de violence sous une autre forme. Ce n’est ni juste, ni acceptable.
Nous tournons la page du passé — et nous nous unissons pour l’avenir.
Masina ny Tanindrazana.





