Les malfaiteurs planifient leurs attaques par rapport aux coupures d’électricité programmées par la Jirama. Profitant de l’obscurité que procure la Jirama et de la mise en hors tension de tous les matériels de surveillance dans les espaces publics, tels que les caméras de la Police, les malfaiteurs s’adonnent à des attaques programmées en fonction des coupures annoncées au préalable par la Jirama.
En moins d’une semaine, le quartier d’Androndra a subi 3 attaques meurtriers. Tous se sont déroulés durant les heures de coupure d’électricité. Ces cas ne sont pas isolés, car les attaques se multiplient dans tous les quartiers de la capitale quand le courant est coupé.
Dans la nuit du dimanche 21 mai, une dizaine de bandits armés de sabre et d’arme à feu, a attaqué une épicerie à Ampamantanana Androndra. Ils sont passés à l’attaque dès la seconde où l’électricité a été coupée. Ils ont attendu à proximité de l’épicerie cible et la coupure de la Jirama a donné le coup d’envoi de l’attaque.
Les coupures de courant incessantes engendrent une insécurité de plus en plus accrue. Outre le fait que les bandits peuvent œuvrer tranquillement dans le noir, les pertes et autres destructions de matériels, causées par ces coupures favorisent aussi indirectement l’insécurité. En effet, le manque de travail incite les jeunes à voler. Au début, ils l’ont fait pour survivre, mais cela s’étend de plus en plus vers l’appât de l’argent facile. Dans le quartier d’Antohomadinika, une usine de fabrication de glace alimentaire a dû fermer ses portes le mois dernier à cause de la destruction de ses machines. Une dizaine d’employés ont ainsi perdu leur travail. C’est la vie de plusieurs familles qui connaît un chamboulement total avec le délestage et peu importe le nom que la Jirama veut faire porter à ces coupures, les résultats sont les mêmes.
La Jirama constitue l’une des raisons principales du manque de travail à Madagascar à cause de la destruction des biens et des matériels que les gens utilisent pour survivre. L’instabilité de l’électricité favorise également la réticence à entreprendre et décourage les investisseurs à s’installer dans l’île. L’augmentation du nombre de chômeurs et la multiplication des opportunités d’attaques incitent à l’accomplissement de toutes sortes de crimes.
Les délestages incessants sont des opportunités pour les malfaiteurs de programmer leurs attaques. La pauvreté accrue engendrée par ces coupures de courant incessantes favorise les crimes. La Jirama est en majeure partie responsable de ce fléau.
Délestages incessants : Une insécurité programmée
La gazette de la grande île
22/05/2023•3 minute read
Partager cette article
Articles connexes
Visiteurs
387031
Your IP Address: 18.216.232.138
Rubriques
« Les fausses nouvelles ne coûtent pas cher à produire. Le véritable journalisme coûte cher. »
Toomas Hendrik Ilves
« Le journalisme ne peut jamais être silencieux : c’est sa plus grande vertu et son plus grand défaut. Il doit parler, et parler tout de suite, tant que les échos de l’émerveillement, les revendications du triomphe et les signes de l’horreur sont encore dans l’air. »
Henry Grunwald
« Le journalisme est le garant de la démocratie. Il est la force du changement social progressif. »