La relation continue de se dégrader en coulisses entre le président Andry Rajoelina et Bruxelles, qui s’apprête à mettre en stand-by plusieurs projets.
Publié le 03.06.2024 à 4h40 GMT
Après la demande de rappel de l’ambassadrice de l’Union européenne (UE, AI du 19/04/24), la Française Isabelle Delattre-Burger, par le chef de l’État malgache, Bruxelles s’apprête à mettre en stand-by plusieurs projets dans le pays qui n’attendaient pourtant qu’une ultime validation.
Deux contrats de coopération sont concernés, pour un montant cumulé de 70 millions d’euros. L’un porte sur la biodiversité et l’autre sur la formation professionnelle. Leur signature a été reportée sine die. Une décision qui est un premier signal de mécontentement de la diplomatie européenne envers Andry Rajoelina.
Au « beau fixe » ?
Mi-mai, la ministre des affaires étrangères, Rafaravavitafika Luciana Rasata, avait déclaré que les relations entre la Grande Île et l’UE étaient au « beau fixe » et qu’elles n’avaient pas été affectées par la demande de renvoi de l’ambassadrice européenne. La ministre était néanmoins revenue sur l’affaire en justifiant la décision par une tentative « d’ingérence dans les affaires internes de l’État malagasy ».
Sans pour autant mettre en péril son partenariat commercial avec Madagascar, la décision d’Andry Rajoelina a particulièrement crispé à Bruxelles. L’Union européenne est engagée sur la Grande Île à hauteur de 472 millions d’euros, dans des domaines variés tels que les infrastructures et les énergies (228 millions d’euros), l’appui au secteur privé (15 millions d’euros) ou encore le développement rural (156 millions d’euros).
Le départ définitif d’Isabelle Delattre-Burger est prévu pour mi-juillet. Le siège de l’UE avait par ailleurs demandé à sa délégation sur place d’annuler les festivités de la journée de l’Europe, programmée le 9 mai.
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