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Le Journal de l'île Rouge
Société

Le prix du riz, un fléau silencieux exacerbé par les coupures d’eau et d’électricité à Madagascar

La gazette de la grande île
06/11/20243 minute read

Alors que la population malgache se concentre actuellement sur les coupures d’eau et d’électricité qui affectent leur quotidien, un autre fléau silencieux mais tout aussi dévastateur émerge en arrière-plan : la hausse continue du prix du riz. Ce phénomène impacte directement la sécurité alimentaire des ménages malgaches, déjà fragilisés par une pauvreté grandissante, et révèle une crise alimentaire en plein développement.

Un prix en constante hausse

En août 2024, le prix du riz enregistre une augmentation alarmante. Le riz de base se vend désormais à plus de 3 000 ariary le kilo, tandis que le riz local de meilleure qualité, comme le Makalioka, coûte environ 3 800 ariary le kilo. Même le riz importé en masse par le gouvernement ne descend pas en dessous de 3 000 ariary, et ces prix semblent destinés à grimper encore. Cette situation met une pression insoutenable sur les foyers malgaches, pour lesquels le riz représente l’aliment principal et parfois unique de la journée.

Un impact direct sur la pauvreté et la faim

Avec un taux de pauvreté atteignant 85 % de la population, la majorité des Malgaches vit avec moins de 7 000 ariary par jour. Le simple achat de riz devient un luxe inabordable pour de nombreux foyers. Ainsi, pour plus de 90 % de la population, se nourrir quotidiennement devient un défi majeur. Ces chiffres indiquent que la faim touche désormais une large proportion de la population, rendant l’accès à une alimentation suffisante et équilibrée pratiquement impossible pour une majorité.

Le riz : plus qu’un aliment, un symbole de survie

Le riz est non seulement l’aliment de base, mais également un élément central de la culture malgache. Il est consommé dans presque tous les foyers, et pour beaucoup, un repas sans riz est impensable. La hausse de son prix est donc plus qu’un simple problème économique : elle met en péril la survie et la dignité des Malgaches. Lorsque des familles se privent de riz, elles se privent non seulement de nutriments essentiels, mais aussi de leur identité culturelle.

Les responsabilités du gouvernement et les limites des mesures actuelles

La crise actuelle met en lumière des défaillances dans la gestion des ressources alimentaires par le régime en place. Les importations massives ne suffisent pas à enrayer la hausse et ne remplacent pas une politique agricole durable visant à renforcer la production locale. En outre, la mauvaise gestion des infrastructures et la dépendance accrue aux importations ajoutent aux pressions économiques et aggravent la crise actuelle.

Les conséquences à long terme

Si cette tendance persiste, les conséquences pour le pays pourraient être dramatiques. La crise alimentaire actuelle risque de provoquer une augmentation des maladies liées à la malnutrition, de faire exploser les taux de pauvreté, et d’accroître les tensions sociales. En outre, une population affaiblie est plus vulnérable face aux pandémies, aux catastrophes naturelles et aux crises économiques mondiales, laissant le pays dans une position extrêmement fragile.

Face à cette situation critique, des solutions structurelles et durables sont nécessaires pour stabiliser les prix du riz et renforcer la sécurité alimentaire du pays. Une réforme agricole visant à encourager la production nationale de riz, accompagnée de mesures pour réduire la pauvreté, s’impose comme un besoin urgent. En parallèle, des politiques de contrôle des prix et de soutien aux ménages vulnérables permettraient de limiter l’impact de la hausse des prix. Enfin, une gestion plus rigoureuse des infrastructures et des ressources énergétiques contribuerait à alléger les pressions sur les foyers malgaches.

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