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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Êtes-vous fier d’avoir Rajoelina comme Président de la République ?

La gazette de la grande île
17/12/20249 minute read

Et si on faisait voter sur cette question, uniquement la population malagasy âgée de plus de 12 ans ?
Rajoelina SAFIOTRA est tellement fier d’avoir été nommé « African Political Leader of the Year » qu’il s’en est vanté publiquement.
Rajoelina Safiotra ne savait probablement pas que son rival Ra8 avait été nommé pour ce titre en 2017. Sinon, il aurait sans doute imité l’humoriste Pierre Dac « Si j’avais su, je ne serais pas venu » !
Qu’avait donc réalisé Ra8 d’exceptionnel depuis qu’il a quitté le pouvoir en 2009 pour mériter cette nomination ? https://www.africanleadershipmagazine.co.uk/madagascars-marc-ravalomanana-wins-african-award/ . Que dire la valeur d’une pareille nomination ?

Mais Rajoelina SAFIOTRA n’a pas résisté à s’auto-encenser publiquement avec cette nomination :  Être placé devant le Président des Seychelles dont le PIB n’est que de 2,14 milliards de dollars en 2023, largement en dessous du PIB de Madagascar estimé à 16 milliards de dollars par la Banque Mondiale, peut sembler effectivement flatteur et valorisant.
Le PIB (produit intérieur brut) chiffre la richesse créée par les activités de production d’un pays. Mais afin d’être comparable, il faudrait le rapporter au nombre d’habitants du pays. Et là, il n’y a pas photo !
En 2023, la population des Seychelles est estimée à 128 000 habitants, contre 30 millions d’habitants pour Madagascar. La création de richesse par habitant (PIB par tête) est donc de 16 700 dollars pour les Seychelles, contre 530 dollars pour Madagascar. Vraiment pas de quoi pavoiser !
Comme Rajoelina SAFIOTRA ne croit qu’aux publications de la Banque Mondiale, la dernière newsletter de cette dernière a confirmé le taux de pauvreté de 80,7% qui prévaut à Madagascar. Un chiffre supérieur au taux de pauvreté de 80,3% publié par l’agence suisse Watson, contesté par sa Seigneurie Rajoelina Safiotra ! Et pan sur son bec, qu’il aurait mieux fait de fermer !, car selon l’humoriste Pierre Desproges, « Quelquefois, il vaut mieux la fermer et passer pour un con, plutôt que de l’ouvrir pour ne laisser aucun doute sur le sujet ».

Nous reproduisons ci-dessous un article d’Ikala Paingotra (Melle qui pique) paru sur le journal en ligne Madagascar Tribune : https://www.madagascar-tribune.com/Le-werawera-de-Rajoelina-s-invite.html

« Le werawera de Rajoelina s’invite sur la scène africaine

mardi 17 décembre | Ikala Paingotra

Heureusement pour certains de nos chefs d’État que le ridicule ne tue pas ! Pour flatter leur ego, le Président Ravalomanana et le Président Rajaonarimampianina couraient après les doctorats honoris causa. Rajoelina quant à lui court après les titres de champion, pour tenter d’effacer l’image d’auteur de coup d’État qui lui colle à la peau. Depuis l’épisode tragi-comique du Covid-Organics, on sait que Rajoelina rêve de se donner une stature régionale, et d’apparaître comme le nouveau Mandela, le nouveau Macky Sall, le nouveau Kagamé, en attendant, qui sait, d’être le nouveau Bokassa. L’implantation du Colisée Rova d’Antananarivo démontre son envie de rattacher son nom à la lignée de l’histoire monarchique du pays.

 

La dernière blague en date est ce titre de “Leader politique africain de l’année » décerné à Andry Rajoelina par les lecteurs d’un obscur African Leadership Magazine. Il est fort probable que ce titre résulte d’un travail avec des lobbyistes pour tenter d’obtenir un peu plus de lumière sur la scène africaine, à l’aube de l’élection du nouveau Président de la Commission africaine et de son accession à la tête de la SADC. On voit d’ici à l’enthousiasme des fanatiques pro-Rajoelina, souvent peu instruits et peu cultivés, mais qui vont s’émouvoir de ce résultat et la présenter comme une grande victoire. Pour jauger la crédibilité de ce vote, on serait curieux de savoir combien y a-t-il eu de votants dans ce scrutin bizarre, en sachant que le continent compte à peu près 1,4 milliard d’individus. Mais il est vrai qu’à Madagascar, les résultats d’élections bidons ne nous font pas peur : après la présidentielle et les législatives, les municipales sont là pour nous le rappeler.

 

Pour la petite histoire, rappelons que ce même magazine avait déjà élu Marc Ravalomanana “African Person of the Year 2017 for Political Leadership”. Au vu de l’absence de réalisations connues du Président Ravalomanana pour cette année 2017, huit ans après avoir quitté le pouvoir, on se demandait depuis cette date quelle crédibilité accorder aux classements établis par ce magazine, qui semble faire de la multiple distribution d’awards son fonds de commerce.

 

On connaît le tempérament de Rajoelina, dont le tempérament envieux le pousse à refuser de se laisser distancer par ses rivaux politiques. Marc Ravalomanana a eu un award de l’African Leadership Magazine ? Voilà qu’il se précipite pour en avoir un. Siteny Randrianasoloniaiko est 6ᵉ dan de judo ? Voilà qu’il s’arrange pour se faire décerner un 6ᵉ dan de karaté, sans qu’on ne lui connaisse de parcours de karateka émérite. Fanfaron comme il est, il est difficile de croire que s’il avait eu ne serait-ce qu’un premier dan auparavant, il n’en ait pas fait état depuis 2009. Il ne manquerait plus que les propagandistes de l’équipe orange nous comparent ce titre foireux de “Leader politique africain de l’année« avec le titre de »Personnalité de l’année 2024″ accordée par le prestigieux magazine Time à Donald Trump.

 

On serait d’ailleurs intéressé d’apprendre quelle contribution financière à l’organisation de la cérémonie de remise des trophées qui aura lieu en février à Casablanca (Maroc) est demandée à tous les récipiendaires. Dans les milieux informés, on connait cette tactique de nombreux organisateurs d’événements marketing à l’extérieur : ils identifient des personnalités et leur proposent des awards. Mais en contrepartie, les récompensés doivent casquer le prix fort pour sponsoriser les soirées de gala durant lesquels les prix seront remis. En Afrique, il y aura toujours des politiciens et entrepreneurs pour s’associer à ce genre d’attrape-nigauds organisé par des lobbyistes qui ont flairé le filon inépuisable : les narcissiques africains, toujours friands d’une pseudo-reconnaissance internationale, fut-elle bidon. On se demande donc avec curiosité de quels faits marquants Rajoelina a marqué l’année 2024 de son empreinte, à part deux élections bidon.

 

Il faut toutefois reconnaître qu’en ce mois de décembre, Rajoelina a enfin obtenu un titre authentique de vainqueur. Un rapport publié le 3 décembre dernier par l’organisation suisse Watson, basé selon elle sur les chiffres de la Banque mondiale, a enfin donné au citoyen français à la tête de Madagascar un titre incontestable : celui de président du pays le plus pauvre du monde. Jusqu’ici, il s’enorgueillissait de titres de champion accordés dans des domaines avec lesquels sa performance est loin d’être éclatante : champion de la lutte contre la malnutrition selon la BAD, alors que les problèmes de famine dans le sud mettent régulièrement Madagascar à la une de la presse internationale ; champion de l’industrialisation selon l’Onudi, alors que Madagascar n’apparaît même pas dans le TOP 10 des pays les plus industrialisés d’Afrique.

 

Soit dit en passant : l’African Leadership Magazine étant basé à Londres, on se demande si l’équipe de Gemfields a fait partie des votants ».

 

Reforestation

Lu sur la page facebook d’un Africaniste du nom de Rainer Dolch  » Launch of the national reforestation campaign today with great fuss near Andakelaka. The whole event cost about 400,000,000 Ariary for the day (a considerable chunk of which has been sollicited from NGOs). That’s how « conservation » is done in Madagascar, just in case you were wondering » (Traduction libre : Lancement de la campagne nationale de reboisement aujourd’hui avec beaucoup d’agitation près d’Andakelaka. L’événement a coûté environ 400 000 000 d’Ariary pour la journée (dont une grande partie a été sollicitée des ONG). Voilà comment se fait la « conservation » à Madagascar, juste au cas où vous vous demanderiez).

Beaucoup de frimes coûteuses pour quels résultats ?
Lu sur la page facebook du politicien Laza Razafiarison, dont ci-après une traduction libre «  Les hôtels d’Andasibe affichent Complet. Les autorités sont, semble-t-il, venues planter des arbres. La nuitée est de 900 000 Ar pour un hôtel, et les 10 chambres sont toutes occupées. Pour d’autres chambres, la nuitée revient à 300 000 Ar 29 et toutes les chambres sont prises. Là, on n’a parlé que d’un hôtel, mais beaucoup d’autres ont fait également le plein. Sans parler des repas. Ni du carburant consommé par des V8 arrivés dans le coin.
Des milliards dépensés pour planter des arbres.
Quant aux plants mis en terre l’année dernière à Imerintsiatosika (ndlr : rappelez-vous, Rajoelina Safiotra avait voulu éviter les embouteillages de la RN1, et il ne s’était pas privé de prendre l’hélicoptère !). Cela avait par ailleurs coûté des milliards.
Si vous regardez maintenant le site de reboisement du Sénat sur la RN4, vous ne verrez pas d’arbres pousser. Et pourtant, ils l’ont fait depuis un demi-siècle en y gaspillant des milliards. Les dirigeants malgaches pensent-ils vraiment à planter des arbres ?
Si cet argent avait été donné à la population pour réellement planter des arbres, Madagascar aurait été couvert de forêts depuis longtemps. Au maximum 1000 plants auront été mis en terre à Andekaleka et des milliards seront dépensés.

En racontant cette histoire ici, des Malagasy diront qu’on est jaloux de ce que reçoivent les autres, mais que disposer de ce petit avantage n’est rien ?
Les enseignants FRAM doivent attendre environ 100 mois pour gagner de quoi pouvoir louer une chambre une fois par nuit à Andasibe.

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