» Tsy ataoko mahantra intsony ny vahoaka malagasy, fa calme ianareo. Hiasa aho ho amin’izany« . (Traduction libre : Je ferai en sorte que les Malagasy ne soient plus pauvres, soyez Zen. J’y travaillerai).
Cette confidence involontaire de la pauvreté actuelle de la population Malagasy, Rajoelina SAFIOTRA l’a faite à Andekaleka lors du lancement de la reforestation. Un lapsus linguae ? Freud explique que ce phénomène permet de révéler ce que l’individu ne peut pas admettre lui-même.
Il est vrai « qu’avec le temps, tout finit par se savoir, les mensonges les plus cachés, les raisons les plus évidentes et les gens les plus faux ».
Rajoelina SAFIOTRA a ajouté « Rehefa nivavaka isika dia tsy tafiditra teto Madagasikara i Chido fa tany Mayotte kosa izy no nandravarava. Misaotra an’Andriamanitra, hoy Andry Rajoelina omaly tany andekaleka » (Traduction libre : Nos prières ont été exaucées et le cyclone Chido n’est pas rentré à Madagascar. Il est parti faire des ravages à Mayotte. Dieu merci, a déclaré hier Rajoelina).
Il a menti une fois de plus, car depuis des semaines, il priait plutôt Dieu et les ancêtres qu’un cyclone traverse enfin la grande île. Trois raisons à ces prières :
1. Les grosses pluies amenées par les cyclones permettraient d’augmenter le niveau des rivières alimentant Andekaleka ou Ikopa, et diminueraient enfin les délestages qui sont revenus à grands pas malgré ses promesses.
- Les pluies auraient permis d’améliorer les rendements de la production agricole, notamment la production rizicole. La persistance de la sécheresse, qui avait déjà influé sur la qualité et la quantité des letchis exportés, va rendre plus difficile la réalisation de la promesse de Rajoelina SAFIOTRA de ne plus importer de riz en 2025.
- Si seulement CHIDO était rentré à Madagascar, il y aurait eu des sinistrés et la Communauté Internationale aurait apporté quelques contributions que Rajoelina SAFIOTRA aurait pu distribuer.
La « Justice » à Madagascar
Le nouveau DG du BIANCO, RAZAKAMANANTSOA Gaby Nestor, a fêté son 100ᵉ jour de prise de fonction en déclarant que durant cette période, il n’a subi aucune intervention ni pression des autorités supérieures. Grand bien lui fasse, mais le simple fait d’en parler est symptomatique et révélateur.
Le CENI n’a toujours pas publié les résultats provisoires des élections de la CUA. Tana n’est pourtant pas à Ambodiangezoka (une commune rurale difficile d’accès du district de d’Andapa).
Pire, depuis quelques jours, la CENI ne publie plus rien du tout. Qu’en penser ? Quid de l’obligation légale de transparence ?
Des milliers d’ordonnances délivrées à partir d’une liste et hors délai légal !
Selon l’article 21 de la Loi Organique n°2018-008 « Tout électeur doit vérifier son inscription dans un délai de vingt (20) jours après l’affichage de l’avis de dépôt de la liste électorale au bureau du Fokontany. Cette formalité est constatée par la signature ou l’empreinte digitale de l’intéressé, en marge de la liste électorale. Si le nom de l’électeur ne figure pas sur la liste électorale au moment de la vérification, une attestation de vérification avec une mention de la recherche infructueuse lui est délivrée.
L’absence de vérification dans le délai imparti entraîne la perte de tout droit à réclamation de l’inscription sur la liste électorale« .
Peu de plaintes auprès des tribunaux compétents jusqu’ici ! Une défiance vis-à-vis de la Justice ? Résignation dubitative ?
Et les vacances judiciaires ont débuté lundi 16 décembre 2024 et ne prendront fin que le dimanche 12 janvier 2025.
Mais que peut-on effectivement attendre de la Justice qui avait validé la candidature de Rajoelina SAFIOTRA aux dernières présidentielles, malgré des jurisprudences contredisant cette décision ? Qui avait délivré irrégulièrement ces dizaines de milliers d’ordonnances ?
Pour espérer avoir justice, les Malagasy sont maintenant obligés de s’en remettre à la justice d’autres pays comme la Justice du Royaume-Uni qui a condamné l’ex-bras droit de Rajoelina SAFIOTRA Romy VOOS. Elle est rentrée à Madagascar, et aucune action de la Justice !
Même chose pour des victimes des activités radioactives de QMM à Fort Dauphin, obligés de déposer plainte à Londres.
Les Malagasy regardent avec envie ce qui se passe dans d’autres pays, qui montrent que « Nul n’est au-dessus de la Loi ».
Ainsi par exemple, l’ancien président français Nicolas Sarkozy, un des soutiens de la 1ère heure et mentors de Rajoelina SAFIOTRA, a été définitivement reconnu coupable de corruption et trafic d’influence, et sera assigné à résidence pendant un an sous bracelet électronique. Qui se ressemble s’assemble !
Le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire avait été saisi en 2022, concernant Paul Maillot Rafanoharana dans l’affaire « Apollo 21 ». Il vient de rendre un avis :
– reconnait le 𝐜𝐚𝐫𝐚𝐜𝐭𝐞̀𝐫𝐞 𝐚𝐫𝐛𝐢𝐭𝐫𝐚𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐬𝐚 𝐝𝐞́𝐭𝐞𝐧𝐭𝐢𝐨𝐧, eu égard aux 𝐠𝐫𝐚𝐯𝐞𝐬 𝐯𝐢𝐨𝐥𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 𝐝𝐞 𝐬𝐞𝐬 𝐝𝐫𝐨𝐢𝐭𝐬 𝐟𝐨𝐧𝐝𝐚𝐦𝐞𝐧𝐭𝐚𝐮𝐱 commises par les autorités malgaches ;
– note que ses conditions de détention peuvent être 𝐚𝐬𝐬𝐢𝐦𝐢𝐥𝐞́𝐞𝐬 𝐚̀ 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐭𝐨𝐫𝐭𝐮𝐫𝐞 𝐨𝐮 𝐚̀ 𝐝𝐞𝐬 𝐭𝐫𝐚𝐢𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐢𝐧𝐡𝐮𝐦𝐚𝐢𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐝𝐞́𝐠𝐫𝐚𝐝𝐚𝐧𝐭𝐬 ; et
– 𝐝𝐞𝐦𝐚𝐧𝐝𝐞 𝐚𝐮 𝐆𝐨𝐮𝐯𝐞𝐫𝐧𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 𝐦𝐚𝐥𝐠𝐚𝐜𝐡𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐞 𝐥𝐢𝐛𝐞́𝐫𝐞𝐫 𝐢𝐦𝐦𝐞́𝐝𝐢𝐚𝐭𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭 et de lui accorder le droit d’obtenir réparation.
Avis que vous pouvez télécharge ici : https://www.ohchr.org/sites/default/files/documents/issues/detention-wg/opinions/session100/a-hrc-wgad-2024-36-madagascar-advance-edite.pdf
Dans la plupart des pays, le ministère de la Justice est en principe un ministère de souveraineté. Ce n’est malheureusement pas le cas de Madagascar. Que penser de l’ancien garde des sceaux Herilaza Imbiki pris en flagrant délit de corruption, qui n’est même pas passé au tribunal jusqu’ici ? Pire, il est maintenant député. Voilà l’image de notre JUSTICE.
Ne comptez donc sur « LA JUSTICE » pour rendre des résultats conformes aux votes d’électeurs. Il va falloir descendre dans la rue comme font actuellement nos proches voisins Mozambicains.