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Le Journal de l'île Rouge
La une

Tous les moyens sont bons

La gazette de la grande île
24/12/20248 minute read

La « faim » justifie les moyens pour Rajoelina SAFIOTRA

Oui, la faim du pouvoir est telle que pour le garder, Rajoelina SAFIOTRA est prêt à tout. Le gifle reçu lors des dernières législatives, qu’il a perdues dans tous les chefs-lieux de province sauf Fianarantsoa, lui est resté en travers de la gorge.
Quoiqu’il en coûte, même avec les moyens les plus détestables, il fallait absolument laver cet affront. Et peu importe si la ficelle est trop grosse, la supercherie trop grossière, le mensonge trop visible et la manipulation décelable par tous.
Rajoelina SAFIOTRA aurait donc gagné miraculeusement les mairies de tous les chefs-lieux de province, sauf chez les Gaulois d’Antsiranana. Quelques mois après les législatives ! Des mois noirs, du délestage et du manque d’eau de surcroît !
Dix jours avant de publier les résultats provisoires de la CUA ? Du jamais vu en 50 ans effectivement ! Alors que Rajoelina SAFIOTRA ne parle que de digitalisation, de QR code même pour les carnets des Fokontany, du projet PRODIGY ! Le citoyen lambda en rigole et « tout le monde pense tout haut ce qu’on dit tout bas » par peur du gagazo du fameux colonel Tojo du « camp de concentration de Fiadanana ».
Cela n’a pas tardé effectivement, car l’arrestation d’un certain Jean-Luce (pro-TIM apparemment) s’est propagée sur les réseaux sociaux, après une mise en garde de la gendarmerie sur les risques encourus pour propagation de faux résultats.

Et pourtant, même cette gendarmerie se plaint elle-même d’avoir été victime de faux pages Facebook.

Piratage de la CENI ?

Voilà donc le site officiel de la CENI qui publie « de faux résultats » repris par des internautes. C’est la CENI la source officielle de ces résultats, mais Madagascar est revenue au temps de la Grèce antique, et on tuait le messager porteur de mauvaises nouvelles parce qu’on ne voulait pas les entendre.
DAMA le président de la CENI n’avait-il pourtant pas tant vanté la haute sécurité du système informatique et des logiciels CENI ? Et c’est lui qui parle maintenant de piratage.

Soit ! A supposer que la CENI n’a pas tripatouillé les résultats, rien n’assure que ce piratage (si piratage il y a) n’ait pas déjà eu lieu avant la publication des « résultats provisoires officiels », et qu’il n’a été détecté qu’après que des résultats « inacceptables » soient publiés. Des résultats inacceptables qui sont peut-être les vrais résultats sortis des urnes !

On ne peut rien attendre d’une Justice qui a transgressé la LOI en accordant à Rajoelina SAFIOTRA un certificat de nationalité malagasy.   La seule manière d’ôter le doute, c’est d’accepter la confrontation des résultats. Mais cette procédure ne sera jamais acceptée par Rajoelina SAFIOTRA.

Harilala RAMANANTSOA pèsera-t-elle au moins de tout son poids pour demander cette confrontation afin qu’elle n’ait pas à porter toute sa vie le fardeau du surnom de Mairesse usurpatrice ?
Nous publions une fois de plus un article d’Ikala Paingotra ( celle que nous avons surnommée Mademoiselle qui pique), paru dans le journal en ligne Madagascar Tribune sous forme d’une Lettre ouverte : https://www.madagascar-tribune.com/Lettre-ouverte-a-Harilala.html .

« Lettre ouverte à Harilala Ramanantsoa

Samedi 21 décembre Ikala Paingotra

Selon les résultats officieux publiés par la CENI, vous avez donc remporté l’élection municipale à Antananarivo avec 43% des voix. L’expérience du système électoral à Madagascar nous laisse présager la valse à quatre temps qui va arriver. Un, les innombrables preuves de fraudes et de violations de la loi électorale feront l’objet de plaintes de la part des opposants et de la société civile. Deux, elles seront balayées par la HCC à coups de « azo raisina fa tsy mitombona ». Trois, les velléités de contestation seront rapidement mises sous l’éteignoir par la corruption des leaders et la répression des manifestations. Et quatre, la communauté internationale s’empressera hypocritement de féliciter les autorités malgaches pour une bonne organisation des élections dans le calme et sans violence, et vous pour votre brillante élection.

Depuis des décennies, vous avez bâti une image plus qu’honorable dans le monde de l’entreprenariat à Madagascar : une femme reconnue comme sérieuse, dynamique, pondérée, fiable sur le plan professionnel, engagée dans les causes sociales avec le Rotary, et sans aucune casserole connue. Mais ça, c’était avant. Avant que vous ayez choisi de galvauder votre honneur en acceptant de vous associer à ce qui restera comme le scrutin de la honte dans l’histoire des élections, et ce depuis la Grèce Antique.

Le coup d’État de 2009 et les expériences électorales depuis le referendum de 2010 nous ont suffisamment enseigné que ce régime ne reculait devant rien pour arriver puis s’accrocher au pouvoir, et que les scrupules ne sont ni dans son ADN, ni dans son vocabulaire. Refuser cette évidence malgré les preuves qui s’accumulent depuis 15 ans est une imbécillité réservée aux imbéciles, et nous ne croyons pas un seul instant que vous en soyez une. Par conséquent, rien d’étonnant dans toutes les magouilles liées aux municipales et qui ont été dénoncées par la société civile, les médias, l’opposition et les citoyens pour faire triompher le candidat d’État, « le candidat orange ».

Responsable, complice ou « simple » bénéficiaire ?

On s’interroge donc : êtes-vous responsable de ces tactiques de minables, êtes-vous complice, ou êtes-vous juste bénéficiaire de ce que d’autres crapules ont mis en œuvre à votre profit ? Peu importe la réponse : volontairement ou involontairement, vous en êtes complice en étant la rentière. La méthode est universelle : pour trouver le coupable, il faut juste se demander « à qui profite le crime » ? Que vous le vouliez ou non, votre nom sera irrémédiablement rattaché à ces tactiques indignes pour vous faire vaincre sans péril, triompher sans gloire, élire sans honneur.

Il se peut que dans le futur, vous retrouviez un semblant de lucidité. Vous pourriez alors être tentée de rejoindre la cohorte de tous ceux qui ont retourné leur veste contre le camp orange depuis 2009, en prétendant avoir été trompés. Nous vous prions d’ores et déjà de vous abstenir de faire insulte à notre intelligence en prétendant que vous étiez de bonne foi en 2024, et que vous n’étiez pas au courant des mœurs du pouvoir actuel.

Qu’est-ce qui a été suffisamment puissant pour vous faire renier les vertus qu’on vous connaissait ? Jusqu’à présent, vous avez obtenu grâce à vos activités de chef d’entreprise un statut et une fortune honnêtement gagnées. De quoi aviez-vous besoin ou envie pour vous déshonorer dans ces municipales ? On connaît le prétexte avancé hypocritement par les gens qui se lancent dans la politique pour cacher des ambitions malsaines : apporter une contribution pour redresser un pays à la dérive. Toutefois, si tel est votre argumentaire, trouvez-vous-en un autre. Comment espérez-vous être crédible en prétendant redorer le blason de la Capitale, alors que vous-même commencez par plonger vos bras jusqu’aux aisselles dans tant de noirceur pour remporter l’élection ?

Êtes-vous lucide sur ce que vous perdez en vous associant à la clique qui vous a mis au pouvoir, et qui sera de toutes façons incapable de vous aider à réussir, tout comme elle a été incapable d’aider Naina Andriantsitohaina lorsqu’il a été maire. Cette clique n’a pas pour but le développement du pays, mais celui de ses comptes bancaires à l’étranger. Vous aurez donc tout le reste de votre vie pour méditer sur cette expression bien malgache : « Afa-baraka ». Mais est-ce que le baraka a-t-il encore un sens pour vous ? “Paris vaut bien une messe” aurait dit Henri IV en acceptant de se convertir au catholicisme. Et pour vous, que valait le pouvoir sur Antananarivo pour que vous échangiez ainsi votre dignité pour un titre de Maire ? Nous espérons pour vous que cela en valait la peine.

Nous ne sommes pas en colère contre vous. Nous sommes justes déçus qu’une personne comme vous trouve acceptable de s’aligner avec les Rajoelina, Tatandraza, Rasoamaromaka, et autres Raholdine. Mais peut-être aussi que finalement, nous nous sommes trompés sur votre compte, et qu’en fait, l’adage « qui se ressemble s’assemble » est une vérité universelle. Souvenez-vous donc de la question qui avait été posée au Moyen-Âge au roi Hugues Capet, devenu un peu trop arrogant : « Qui t’a fait roi » ? À vous, nous posons aujourd’hui la question : « Qui t’a fait maire ? ». Et question subsidiaire : dans quel but ? »

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