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Le Journal de l'île Rouge
Politique

Trafic d’Or : l ’énième bouc émissaire

La gazette de la grande île
27/12/20243 minute read
Où sont les 36Kg d’Or ?

Le Ministère des Affaires étrangères a récemment exprimé sa « plus vive indignation » suite à la mise en cause de l’un de ses agents, soupçonné de faux et d’usage de faux dans une tentative de trafic d’or. Ce dernier, chef de service selon l’avis de recherche publié par les autorités policières, est devenu le nouveau visage d’un scandale qui, en réalité, est le reflet d’une stratégie bien rodée : utiliser des boucs émissaires pour couvrir des crimes de plus grande envergure.
Depuis l’arrivée au pouvoir de Radomelina, Madagascar est secoué par une succession de scandales liés à des trafics de haut niveau. Animaux endémiques, or, pierres précieuses : les ressources du pays sont pillées sous les yeux d’une population révoltée mais impuissante. Les arrestations de « responsables » se multiplient, mais elles ne concernent que des figures subalternes, éloignées des véritables décideurs.

L’épisode des 36 kilos d’or disparus en 2021
Un exemple emblématique de cette impunité des « gros poissons » remonte à 2021. Cette année-là, 36 kilos d’or s’évaporaient du coffre du ministère des Mines, alors sous la responsabilité de Ntsay Christian et Ravokatra Fidiniavo. Fait troublant : la disparition a eu lieu directement dans leurs bureaux. Cependant, malgré les « enquêtes rigoureuses » et les « promesses de sanctions sévères » martelées par le gouvernement, aucune figure majeure n’a jamais été tenue pour responsable.
Le scénario est identique aujourd’hui : des annonces tonitruantes, un discours sur l’état de droit, mais au final, les vrais réseaux restent dans l’ombre, protégés par une opacité orchestrée.

Une stratégie de diversion
La récente arrestation de cet agent du ministère des Affaires étrangères n’est qu’une nouvelle tentative de détourner l’attention. Ce stratagème, récurrent, consiste à présenter un coupable idéal pour apaiser l’opinion publique tout en évitant de réels remous dans les sphères dirigeantes.
Alors que les responsables de ces crimes économiques sont liés à des réseaux puissants et bénéficient souvent d’une protection politique, les boucs émissaires sont exposés comme des figures expiatoires. Ce jeu cynique met en lumière une justice à deux vitesses, où les plus vulnérables paient le prix des dérives de tout un système.

Vers une responsabilisation des vrais coupables
Les citoyens de Madagascar méritent une transparence réelle et une responsabilisation des hauts responsables impliqués dans ces trafics. Il est urgent de mettre fin à cette culture de l’impunité, qui fragilise l’état de droit et nuit gravement à l’image du pays.
Les enquêtes sur ces affaires doivent être menées par des instances indépendantes, avec des garanties d’impartialité. Par ailleurs, les organisations de la société civile et les citoyens doivent être mobilisés pour exiger des comptes et faire pression sur les autorités afin de briser ce cercle vicieux.

Un appel à la vigilance citoyenne
Face à ces pratiques répétées, la vigilance citoyenne reste le rempart le plus puissant. Les malgaches doivent continuer à dénoncer ces stratégies de diversion et exiger une véritable justice. Les arrestations de boucs émissaires ne sont qu’un rideau de fumée : il est temps de lever ce voile et de mettre en lumière les vrais responsables.

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